Isabelle Adjani face à la justice : des peines de prison requises pour fraude fiscale

Le 1er avril 2026, l’actrice française Isabelle Adjani a comparu devant la cour d’appel de Paris pour répondre à des accusations de fraude fiscale aggravée et de blanchiment. Le parquet général a requis une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis ainsi qu’une amende de 250 000 euros. La décision finale sera rendue le 1er juillet.

EN BREF

  • Isabelle Adjani jugée pour fraude fiscale, 18 à 24 mois de prison requis.
  • Absente lors de son procès en 2023, l’actrice a pu s’exprimer cette fois-ci.
  • Elle conteste les accusations, se qualifiant de victime d’escroqueries.

Lors de cette audience, Isabelle Adjani a pu défendre sa position. Elle a exprimé ses doutes quant à l’objectivité du procureur, Laurent Couderc, en déclarant : « Je me demande s’il n’y a pas une forme d’animosité personnelle à mon endroit. » En effet, l’avocat général a demandé la confirmation du jugement rendu en première instance, où l’actrice avait déjà été condamnée.

Absente lors de son procès initial en 2023, l’actrice de 70 ans a pu cette fois-ci répondre aux questions de la cour. Elle a néanmoins insisté sur le fait qu’elle n’a jamais été une « voleuse », mais plutôt une « proie » de prédateurs, se présentant comme une victime d’escroqueries successives.

Lors de son intervention, Isabelle Adjani a reconnu n’avoir jamais rempli de déclaration fiscale, une situation qu’elle a qualifiée de “désastreuse” en raison de sa phobie des papiers. La cour a été informée qu’elle avait été condamnée pour des irrégularités fiscales, notamment pour s’être déclarée fictivement domiciliée au Portugal entre 2016 et 2017, et pour avoir dissimulé une donation en prêt en 2013.

Elle a également été accusée de faire transiter des fonds via les États-Unis en 2014. “Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu’elles soient gérées en bonne et due forme”, a-t-elle soutenu, cherchant à rejeter la responsabilité sur ses conseillers fiscaux, ainsi que sur d’autres personnes qu’elle accuse d’avoir abusé de sa confiance, y compris son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux.

Les déclarations de l’avocat général ont mis en lumière les difficultés financières d’Isabelle Adjani. L’un des avocats de la Direction générale des finances publiques a déclaré : “Toute (sa) vie fiscale est un habillage permanent”, soulignant qu’elle avait sauté d’une dette à une autre, ce qui a soulevé des questions sur la gestion de ses finances personnelles.

Concernant les 2 millions d’euros reçus d’un homme d’affaires, Isabelle Adjani a nié avoir tenté de dissimuler une donation déguisée, malgré les accusations formulées par le parquet. Elle a déjà remboursé 1,3 million d’euros, un montant qu’elle a jugé gérable grâce à un avenant qui lui a permis de ne pas être pressée pour le remboursement.

Dans un dernier effort pour sa défense, l’un des avocats de l’actrice, Me David Lepidi, a plaidé pour sa relaxe, dénonçant le manque d’empathie du ministère public. Isabelle Adjani a, quant à elle, réclamé plus de compréhension dans son cas, évoquant son besoin de soutien face à ce qu’elle perçoit comme une injustice.

Alors que la cour devra maintenant délibérer, l’affaire continue de susciter l’intérêt du public, mêlant le monde du cinéma et des enjeux fiscaux complexes, avec une actrice emblématique au cœur d’un scandale qui pourrait marquer sa carrière.