Ce mercredi 1er avril 2026, Isabelle Adjani a comparu devant la cour d’appel de Paris pour répondre à des accusations de fraude fiscale. À 70 ans, l’actrice, déjà condamnée par le passé pour des faits similaires, s’est présentée comme une victime de malversations et de conseils erronés. Son témoignage a révélé une personnalité tourmentée, se qualifiant de « proie idéale ».
EN BREF
- Isabelle Adjani témoigne de son statut de victime face à des conseils fiscaux inappropriés.
- Elle se défend contre des accusations de dissimulation de revenus et de donations.
- Une audience qui met en lumière des éléments complexes de sa situation fiscale.
Au cours de l’audience, Isabelle Adjani a déclaré : « Je ne suis pas la voleuse du siècle », tout en admettant avoir une aversion pour la paperasse, ce qui l’a conduite à négliger ses obligations fiscales. Son manque d’implication dans la gestion de ses finances a été souligné par la présidente de la cour, Pascaline Chamboncel-Saligue, qui a noté que l’artiste avait d’autres priorités que celles liées à l’argent.
En 2013, Isabelle Adjani avait déjà été reconnue coupable d’avoir fictivement domicilié sa résidence au Portugal pour échapper à des obligations fiscales. Elle avait alors écopé de deux ans de prison avec sursis et d’une amende de 250.000 euros. Aujourd’hui, elle fait face à un montant estimé de 455.000 euros d’impôts dus pour l’année 2023.
Lors de son témoignage, Adjani a attribué la responsabilité de ses malheurs à ses conseillers fiscaux, ainsi qu’à son ancien compagnon, le médecin Stéphane Delajoux. Selon elle, ce dernier aurait profité de sa confiance et serait responsable d’une situation financière désastreuse. « J’ai tout payé pour lui et sa famille », a-t-elle déclaré, tout en faisant référence à des situations passées où elle se sentait persécutée.
Les débats ont également mis en lumière des versements de deux millions d’euros réalisés par un homme d’affaires, Mamadou Diagna Ndiaye. Adjani a nié avoir cherché à masquer cette donation pour éviter de payer des droits de mutation. Elle a insisté sur le fait qu’elle avait convenu d’un remboursement étalé dans le temps, sans intention de dissimulation.
En réponse aux questions de l’avocat général, Laurent Couderc, Adjani a reconnu son incapacité à évaluer correctement ses obligations fiscales, affirmant : « Je n’ai pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière ». À plusieurs reprises, elle a exprimé son souhait de ne pas être perçue comme une criminelle, clamant qu’elle n’avait pas l’intention de contourner les lois fiscales.
Alors que l’audience se poursuivait, Adjani a insisté sur son désir de régler ses dettes : « Je le rembourserai jusqu’au dernier centime », a-t-elle déclaré avec émotion. La cour a prévu de reprendre les débats l’après-midi suivant, avec les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense qui devraient éclaircir les enjeux de cette affaire complexe.
À travers cette audience, Isabelle Adjani se trouve face à des accusations qui, si elles sont confirmées, pourraient avoir des conséquences graves sur sa réputation et sa situation financière. Le public attend avec impatience le dénouement de cette affaire, qui soulève des questions sur la responsabilité fiscale des personnalités publiques.