Israël prévoit de contrôler une vaste zone du sud Liban, la France appelle à la retenue

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé une offensive terrestre ambitieuse visant à établir le contrôle de plusieurs dizaines de kilomètres de territoire dans le sud du Liban, jusqu’au fleuve Litani. Cette annonce fait suite aux tensions croissantes dans la région et soulève des inquiétudes quant aux conséquences humanitaires d’une telle opération.

EN BREF

  • Israël annonce le contrôle d’une zone au sud du Liban pour des raisons de sécurité.
  • Les déplacés libanais ne pourront pas rentrer tant que la sécurité d’Israël ne sera pas assurée.
  • La France appelle Israël à éviter des opérations terrestres aux conséquences humanitaires désastreuses.

Lors d’une déclaration effectuée le 24 mars 2026, Israël Katz a précisé que l’armée israélienne manœuvrerait à l’intérieur du territoire libanais pour s’emparer d’une ligne de défense avancée. Il a également indiqué que plusieurs infrastructures, telles que cinq ponts utilisés par le Hezbollah, avaient été ciblées par des frappes aériennes. « L’armée contrôlera les points restants », a-t-il affirmé dans une vidéo diffusée par son bureau.

Le ministre a souligné que les centaines de milliers de déplacés qui avaient quitté le sud du Liban ne seraient pas autorisés à retourner chez eux tant que la sécurité des habitants du nord d’Israël ne serait pas garantie. Cette déclaration illustre les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, qui se sont intensifiées ces dernières semaines.

Katz a décrit les villages libanais proches de la frontière comme “de véritables avant-postes terroristes”, justifiant ainsi l’intervention militaire. Cette approche rappelle les opérations militaires précédentes menées par Israël dans d’autres zones de conflit, comme à Rafah et à Beit Hanoun dans la bande de Gaza, où des offensives similaires ont été menées.

Parallèlement, l’armée israélienne a mené des frappes nocturnes sur des points de passage clés utilisés par le Hezbollah pour ses mouvements entre le nord et le sud du fleuve Litani. Cette escalade militaire fait craindre une aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région.

Historique des interventions israéliennes, il est important de rappeler qu’après l’invasion du Liban en 1982, Israël avait déjà établi une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, qu’il a finalement abandonnée en 2000 sous la pression du Hezbollah pro-iranien. Cette histoire complexe a laissé des traces profondes dans les relations entre les deux nations.

En réaction à ces développements, la France, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a exprimé ses préoccupations. Lors d’un entretien avec l’AFP, il a exhorté les autorités israéliennes à s’abstenir de telles opérations terrestres, les qualifiant de potentiellement désastreuses sur le plan humanitaire et aggravant une situation déjà dramatique au Liban.

Les tensions au Moyen-Orient continuent d’évoluer, et les actions militaires d’Israël dans le sud du Liban sont scrutées de près par la communauté internationale. Alors que la situation demeure volatile, les acteurs régionaux et mondiaux se posent la question : jusqu’où ira cette escalade militaire ?