Le 11 mai 2023, le New York Times (NYT) a publié une enquête accablante sur les violences sexuelles subies par des détenus palestiniens, provoquant une réaction immédiate et virulente du gouvernement israélien. Cette enquête, menée par Nicholas Kristof, s’appuie sur 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée, mettant en lumière un phénomène que l’on pourrait qualifier de « généralisé ».
EN BREF
- Une enquête du New York Times fait état de violences sexuelles israéliennes généralisées.
- Le gouvernement israélien dénonce une « campagne anti-israélienne » et des accusations mensongères.
- Une commission d’enquête israélienne pointe également des violences sexuelles commises par le Hamas.
Les allégations rapportées dans l’article font état de violences sexuelles commises par des soldats, des colons, et des interrogateurs de l’agence de sécurité intérieure Shin Bet, ainsi que par des gardiens de prison. Bien que le journaliste souligne qu’il n’y a aucune preuve que les dirigeants israéliens ordonnent de tels actes, il indique qu’un rapport des Nations unies de mars 2025 évoque un recours systématique aux violences sexuelles par Israël depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Les témoignages recueillis décrivent des actes de torture physique très précis. De nombreux détenus ont rapporté des sévices comprenant des tirs sur les organes génitaux et des coups portés aux testicules. Des dispositifs de détection de métaux sont parfois utilisés pour fouiller les détenus de manière humiliante, exacerbant la souffrance et l’angoisse des victimes. Ces pratiques sont souvent gardées secrètes, car les détenus sont contraints au silence.
Kristof note également qu’en raison de normes sociales conservatrices dans la société arabe, aborder le sujet des violences sexuelles demeure un tabou. Des victimes ont confié au journaliste que des révélations sur de tels abus pourraient compromettre les futures possibilités de mariage pour leurs sœurs et filles.
Face à ces accusations, le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi sur le réseau X, qualifiant l’enquête de « l’une des pires accusations de crime rituel jamais parues dans la presse moderne ». L’expression de « crime rituel » évoque des stéréotypes antisémites historiques, ce qui rend l’accusation encore plus explosive dans le contexte actuel. Le ministère a dénoncé une « inversion de la réalité » où les victimes seraient transformées en accusés.
En parallèle, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait alerté en février sur les violences systémiques, y compris sexuelles, subies par les journalistes palestiniens dans les prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026. Un porte-parole de l’armée israélienne avait alors affirmé que les détenus étaient traités conformément au droit international.
Le lendemain de la publication de l’enquête du NYT, une commission d’enquête israélienne a également publié un rapport accusant le Hamas et d’autres groupes palestiniens de violences sexuelles systématiques lors de l’attaque du 7 octobre, illustrant ainsi la complexité et la gravité de la situation en cours.
Ce contexte de violences, tant du côté israélien que palestinien, soulève des questions éthiques et juridiques cruciales. Les témoignages de souffrances humaines ne peuvent être ignorés, et la nécessité d’une enquête indépendante et rigoureuse s’impose pour établir les faits et rendre justice aux victimes.