Ce samedi 7 février, Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a officiellement proposé sa démission. Cette décision intervient à la suite de l’ouverture d’une enquête par le Parquet national financier (PNF) sur ses liens présumés avec Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour des crimes sexuels. Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, Lang a exprimé son désir de protéger l’intégrité de l’institution qu’il a dirigée.
EN BREF
- Jack Lang démissionne de l’Institut du monde arabe en raison d’une enquête sur ses liens avec Epstein.
- Le ministre des Affaires étrangères va lancer la procédure pour désigner un président par intérim.
- Lang conteste vivement les accusations portées à son encontre.
Dans sa lettre, Jack Lang a déclaré : « Je souhaite préserver l’Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m’assaillent. » Il a également ajouté : « Je n’accepterai jamais que l’Institut du monde arabe, que j’ai eu l’honneur et le bonheur de présider pendant de si longues et belles années, soit entaché par la calomnie. » Ces mots reflètent son attachement à l’institution et sa volonté de se défendre contre les accusations.
Le ministre Jean-Noël Barrot a pris acte de cette démission et a annoncé le lancement de la procédure de désignation d’un président par intérim. « Je convoque un conseil d’administration sous 7 jours qui désignera un ou une président(e) par intérim », a-t-il précisé à des journalistes lors d’une déclaration à Paris.
Plus tôt dans la journée, Lang avait fermement rejeté les accusations qui pèsent sur lui, affirmant qu’elles sont infondées. « Je le démontrerai », a-t-il promis, se disant prêt à faire face aux allégations. La situation est d’autant plus délicate qu’elle survient après la publication, fin janvier, de millions de documents liés à Jeffrey Epstein, révélant des connexions avec plusieurs personnalités publiques.
Les nouvelles révélations des « Epstein files » ont causé une onde de choc, notamment dans le secteur culturel, où le nom de Jack Lang est apparu 673 fois dans les documents. Ces fichiers mettent en lumière des intérêts économiques communs entre Lang et Epstein, ce qui alimente les suspicions autour de l’ancien ministre de la Culture.
Le PNF a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Jack Lang et sa fille Caroline, en raison de soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravé ». Ces accusations font suite à des révélations par le média Mediapart sur des liens financiers entre la famille Lang et le financier américain, qui avait été condamné pour avoir eu recours à des prostituées mineures.
La situation a également des répercussions familiales. Caroline Lang a récemment démissionné de son poste à la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma, suite aux révélations concernant une société offshore qu’elle a fondée en 2016 avec Epstein. Ces événements soulèvent des questions sur l’avenir des Lang et leur réputation, déjà mise à mal par les accusations en cours.
Dans ce contexte tumultueux, la démission de Jack Lang marque un tournant important pour l’Institut du monde arabe, qui devra naviguer à travers cette crise tout en préservant son image et sa mission. La désignation d’un président par intérim sera cruciale pour rassurer les employés et le public sur la continuité des activités de l’institut.
Les jours à venir seront déterminants pour l’avenir de l’IMA et pour Jack Lang, qui se retrouve dans une situation délicate. Les accusations portées à son encontre pourraient avoir des conséquences durables sur sa carrière et sur son héritage.
Les développements futurs sur cette affaire seront suivis de près par les médias et le public, alors que la lumière commence tout juste à être faite sur les ramifications de cette enquête.
Enfin, l’Institut du monde arabe devra faire preuve de résilience pour surmonter cette tempête, tout en maintenant son engagement envers sa mission culturelle et sociale.