Jack Lang : fuite au Maroc avant une démission controversée de l’Institut du monde arabe

En pleine tourmente médiatique et judiciaire, Jack Lang, ancien ministre de la Culture, a quitté Marrakech pour Paris le 7 février dernier. Ce départ précipité a coïncidé avec l’annonce de sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA). Accompagné de son épouse Monique, le couple a séjourné dans l’un des palaces les plus prestigieux de la ville ocre.

EN BREF

  • Jack Lang a démissionné de l’IMA après une semaine tumultueuse à Marrakech.
  • Le couple Lang a séjourné dans des hôtels de luxe pour échapper à la tempête médiatique.
  • Une enquête pour blanchiment de fraude fiscale a été ouverte à son encontre.

La semaine du 4 au 7 février a été particulièrement difficile pour Jack et Monique Lang. Leur réputation a été ternie par des révélations de Mediapart sur leurs liens avec Jeffrey Epstein. Ce scandale a provoqué une tempête médiatique sans précédent, culminant avec l’annonce de la démission de Jack Lang, un acte qu’il a effectué sous la pression croissante des autorités.

Le retour à Paris s’est effectué dans un contexte tendu, le ministre des Affaires étrangères ayant convoqué l’ancien président de l’IMA au Quai d’Orsay. Le 5 février, l’Élysée avait également exprimé son désir que Lang réfléchisse à l’avenir de l’institution qu’il dirigeait depuis treize ans. Malgré les rumeurs de démission, Lang avait affirmé sur RTL qu’il ne comptait pas quitter son poste.

En conséquence, son séjour à Marrakech, initialement justifié par une foire d’art contemporain, ressemblait davantage à une fuite stratégique. Les révélations de documents judiciaires américains, mentionnant le nom « Lang » à 600 reprises, ont intensifié la pression sur le couple. Les journalistes et galeristes présents à Marrakech ont évoqué un climat de méfiance et de malaise, chacun craignant d’être associé à ce scandale.

Jack Lang et Monique ont séjourné dans des établissements réputés de Marrakech. La Mamounia, célèbre pour son raffinement, était l’un des lieux visités, où le prix d’une chambre classique commence entre 450 et 800 euros. Cependant, c’est le Royal Mansour, propriété du roi Mohammed VI, qui a attiré l’attention. Cet hôtel de luxe, avec des riads privés, propose des tarifs débutant à 1 500 euros, pouvant atteindre plus de 10 000 euros selon les configurations.

Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Jack Lang s’est défendu vigoureusement, affirmant qu’il n’accepterait jamais que l’IMA soit entaché par des accusations infondées. Néanmoins, la pression politique a continué de monter, rendant son retour à Paris inévitable. Le 7 février, il a pris un vol anticipé pour faire face à la situation.

Au milieu de ce luxe apparent, l’ancien ministre a dû composer avec une réalité bien plus sombre. La justice doit désormais faire toute la lumière sur les allégations qui ont conduit à la fin de son mandat à la tête de l’IMA. Ce contraste entre un séjour dans un cadre idyllique et le retour brutal à la réalité parisienne illustre la complexité de la situation à laquelle Jack Lang fait face.

Le couple Lang, qui a souvent été associé à des événements culturels de premier plan, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique qui pourrait durablement affecter leur image. Les jours passés à Marrakech resteront sans doute gravés dans leur mémoire, à la fois comme un moment d’évasion et le prélude à une crise majeure dans leur carrière.