Figure emblématique de la culture française, Jack Lang traverse une période tumultueuse. Mis en cause suite à des révélations concernant ses relations financières avec Jeffrey Epstein, l’ancien ministre de la Culture est désormais sous le feu des critiques. Sa démission de l’Institut du monde arabe, annoncée le 17 février, marque la fin d’une ère, mais également le début d’une série de témoignages troublants sur son mode de vie extravagant.
EN BREF
- Jack Lang a démissionné de son poste à l’Institut du monde arabe le 17 février.
- Une enquête du Parquet national financier vise Lang et sa fille pour des liens avec Epstein.
- Des témoignages révèlent un train de vie extravagant et des habitudes de dépenses controversées.
Longtemps considéré comme une figure intouchable, Jack Lang fait face à une remise en question de son image. Après la publication de courriels échangés avec Jeffrey Epstein par le ministère de la Justice américain, son passé financier est désormais scruté de près. Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » qui vise non seulement Lang, mais également sa fille, Caroline.
Les récits d’anciens proches, publiés dans les colonnes du Parisien, dressent un portrait inquiétant de l’ex-ministre. Une ancienne collaboratrice, visiblement émue, a partagé ses expériences : « Même un café ou un taxi, si j’étais à ses côtés, c’était toujours moi qui payais. Il me rémunérait au lance-pierre. Je savais qu’il était radin, mais ce que je découvre me dégoûte. » Cette déclaration souligne la double vie de Lang, entre un engagement pour la culture et un comportement financier jugé mesquin.
Un autre témoin a également évoqué la manière dont Lang gérait ses finances : « Pourquoi est-il riche ? Parce qu’il n’a jamais dépensé un sou de sa vie. » Ce dernier se remémore des années 1970, lorsqu’une stratégie minutieuse entourait les frais de campagne, où chaque dépense était soigneusement contrôlée. Lang et son épouse, Monique, auraient même été connus pour exagérer leurs besoins financiers afin d’obtenir des subventions plus élevées.
Un héritage controversé
Les souvenirs de Jack Lang à Blois, où il fut maire de 1989 à 2001, sont tout aussi partagés. Alors qu’il a perdu son second mandat par une courte marge de 37 voix, il aurait offert un pot de départ somptueux, laissant une facture de 22 000 euros à son successeur. Cette anecdote alimente la réputation d’un homme souvent perçu comme n’ayant jamais d’argent sur lui.
Dans un article du Monde, il est rapporté que certains restaurateurs parisiens redoutent encore la venue des Lang dans leurs établissements. Des notes impayées et des négociations financières difficiles ont contribué à forger une image peu flatteuse du couple. Au restaurant Chez Edgard, par exemple, le patron aurait déclaré à un ministre : « Les Lang chez moi, plus jamais ! Ils me doivent dix ans de déjeuners. »
Des excès aux festivals
Les Lang n’auraient pas non plus échappé aux excès du Festival de Cannes. Bien qu’invités pour deux nuits, ils auraient souvent prolongé leur séjour, entraînant des factures de plusieurs milliers d’euros, comme le rapportent des organisateurs. Pierre Lescure, ancien président du festival, a même évoqué sur X des « notes impayées importantes dans les hôtels de Cannes », avant de supprimer son message. Ces incidents ont conduit certains établissements à refuser de les accueillir, et depuis 2020, le couple n’est pas revenu sur la Croisette.
Ces révélations jettent une ombre sur l’héritage de Jack Lang, homme de culture admiré mais désormais contesté. Alors que son mandat à l’Institut du monde arabe s’achève, une nouvelle ère s’annonce, marquée par des questionnements sur ses pratiques financières et son image publique. Les témoignages d’anciens proches révèlent un homme dont le rapport à l’argent et aux autres pourrait bien redéfinir sa place dans l’histoire culturelle française.