Le vice-président américain JD Vance a fait son arrivée en Hongrie ce mardi 7 avril 2023, afin d’y exprimer le soutien de Donald Trump envers son allié, le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán. Ce déplacement intervient à quelques jours d’élections législatives qui s’annoncent très serrées, prévues pour dimanche prochain.
EN BREF
- JD Vance soutient Viktor Orbán avant des élections législatives cruciales.
- La campagne électorale est marquée par des accusations de manipulation et de corruption.
- Les sondages prédisent une forte opposition au gouvernement en place.
Avant de quitter la base aérienne Andrews, près de Washington, JD Vance a déclaré à la presse qu’il aborderait divers sujets liés aux relations entre les États-Unis et la Hongrie, précisant que des questions concernant l’Europe et l’Ukraine seraient également discutées. Le vice-président a exprimé sa satisfaction à l’idée de retrouver « son bon ami » Viktor Orbán.
Au cours de sa visite, Vance a prévu de prononcer un discours mettant en avant le « riche partenariat entre la Hongrie et les États-Unis ». À 41 ans, il est l’un des critiques les plus virulents des gouvernements européens centristes et progressistes au sein de l’administration américaine, tout en étant un fervent soutien des formations de droite radicale en Europe.
Cette visite est perçue comme un soutien crucial à Viktor Orbán, alors que le Premier ministre se présente comme le « choix sûr » dans un contexte mondial incertain. Néanmoins, la stagnation économique et l’augmentation de la corruption dans le pays compliquent son argumentation, comme l’ont observé plusieurs analystes.
Depuis seize ans au pouvoir et proche de Moscou, Viktor Orbán serait, selon certains analystes, favorisé par une aide secrète de la Russie pour améliorer ses chances de réélection. Des parlementaires du Conseil de l’Europe ont récemment exprimé leurs inquiétudes concernant la campagne électorale, qualifiée de « toxique » et marquée par une « propagande incendiaire », face à la montée du mécontentement économique et social.
Les opposants d’Orbán l’accusent d’avoir manipulé le cadre électoral à son avantage, en utilisant les ressources de l’État pour favoriser son parti. Un documentaire diffusé en mars a révélé que la coalition au pouvoir pourrait exercer des pressions sur environ 500 000 électeurs défavorisés pour obtenir leurs voix. Des organisations non gouvernementales ont également tiré la sonnette d’alarme concernant les possibles manipulations des votes par correspondance des Hongrois vivant à l’étranger, qui sont collectés par des partis alliés à Fidesz en Roumanie et en Serbie.
« Une barrière sociale et psychologique semble avoir été brisée. L’aura de Fidesz et la peur qu’il a exploitées se sont affaiblies », a souligné la politologue Zsuzsanna Szelenyi dans un article publié par Strategic Europe. Des manifestations ont même été marquées par des huées à l’encontre d’Orbán lors de certains meetings.
Les sondages d’instituts indépendants prédisent une victoire éclatante pour le parti Tisza, dirigé par le conservateur pro-européen Péter Magyar. Ce dernier a réussi à construire en moins de deux ans un mouvement d’opposition capable de challenger l’hégémonie d’Orbán, qui a transformé la Hongrie en un modèle de démocratie illibérale. Les institutions pro-gouvernementales, quant à elles, estiment que la coalition Fidesz-KDNP, dirigée par Viktor Orbán, est en position de force.
Péter Magyar, 45 ans et ancien membre du Fidesz, a promis un « changement de système » en s’attaquant à la corruption et en rétablissant les services publics et les institutions démocratiques. Il a également affirmé son intention de faire de la Hongrie un membre loyal de l’Union Européenne, dont elle est devenue membre en 2004.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump et son administration ont rompu avec la réserve qui caractérisait jusqu’alors la position américaine sur les élections étrangères. L’administration actuelle soutient désormais ouvertement les dirigeants jugés compatibles avec ses priorités diplomatiques et idéologiques.
Marco Rubio, secrétaire d’État, s’est également rendu à Budapest en février, exprimant son souhait de succès pour Orbán. « Le président Trump est profondément attaché à votre réussite, car votre réussite est notre réussite », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés d’Orbán.
Viktor Orbán entretient des relations étroites avec le gouvernement américain, notamment en raison de sa politique antimigrants. Il a été reçu à plusieurs reprises à Mar-a-Lago, la résidence de Donald Trump en Floride. Le président américain voit en lui un « dirigeant véritablement fort et puissant, capable de produire des résultats phénoménaux ».