Lors d’un meeting à Lyon, jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de La France Insoumise (LFI), a réaffirmé son soutien à la Jeune Garde, un mouvement anti-fasciste, tout en critiquant la couverture médiatique entourant ce dernier. Cet événement s’est tenu dans un contexte tendu, suite au meurtre du militant d’extrême droite Quentin Deranque.
EN BREF
- Mélenchon soutient la Jeune Garde, qualifiant la dissolution demandée de « sans fondement ».
- Le meeting a rassemblé environ 2.000 militants, renforçant l’engagement antifasciste de LFI.
- Relations tendues avec les médias, accusés de désinformation par Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon a insisté sur le fait que la demande de dissolution de la Jeune Garde ne reposait sur aucune base solide. « Ce n’est pas une organisation criminelle », a-t-il déclaré, en réponse aux critiques qui pèsent sur le mouvement de gauche radicale, souvent accusé de favoriser un climat de violence.
Le meeting, qui a eu lieu en soutien à Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate aux élections municipales à Lyon, a également été marqué par des chants militants, dont le célèbre « Siamo tutti antifascisti ». Ce slogan, né dans les années 1920 en opposition à Mussolini, a résonné particulièrement dans un climat où LFI affirme son opposition au fascisme.
En parallèle, Jean-Luc Mélenchon a abordé les tensions avec la presse, en particulier à la suite de la mort de Quentin Deranque. « Nous ne renoncerons pas » à trier les médias, a-t-il affirmé, accusant certains de « menteurs ». Cette charge s’est accompagnée d’une critique de BFMTV, qui diffusait le meeting contre sa volonté. Il a encouragé les spectateurs à suivre son allocution sur sa chaîne YouTube.
Les événements de ce jeudi ont également été marqués par des appels à la démission de Raphaël Arnault, collaborateur de Mélenchon, actuellement mis en examen pour complicité d’homicide. François Ruffin et Marine Tondelier, figures de gauche, ont exprimé leur demande de démission. Tondelier a évoqué la condamnation pour violences d’un autre député, soulignant une pression croissante sur LFI.
Le sénateur Yannick Jadot, présent à Lyon pour soutenir les écologistes, a également interpellé Mélenchon sur la nécessité de « rejeter la violence de la Jeune Garde, très clairement ». Les critiques à l’encontre de LFI continuent de croître dans un contexte où la campagne électorale prend un nouveau tournant, à moins de trois semaines des élections municipales.
François Hollande, ancien président et critique régulier de LFI, a réaffirmé son opposition à toute alliance avec le mouvement pour le second tour des municipales. « Aucun accord avec La France Insoumise pour le PS », a-t-il déclaré, soulignant que la seule option envisageable serait le retrait de la liste qui arrive derrière au second tour.
Alors que le dépôt des listes en préfecture a pris fin, la campagne se complexifie avec des rebondissements dans plusieurs villes. À Marseille, par exemple, Christine Juste, adjointe au maire, a réussi à constituer sa propre équipe après avoir été exclue de la liste du maire sortant. À Pau, François Bayrou, ancien Premier ministre, a également présenté son programme dans le cadre de sa réélection.
Ce meeting à Lyon illustre non seulement le soutien de Jean-Luc Mélenchon à la Jeune Garde, mais également les défis auxquels La France Insoumise fait face, tant sur le plan interne qu’externe, alors que les élections municipales approchent rapidement.