Jean-Marc Laurent, ancien visage emblématique de TF1 dans les années 80 et 90, a profondément transformé sa vie. À 61 ans, l’ex-animateur et journaliste se consacre désormais à une lutte personnelle et poignante pour sa fille, Margot, face à l’industrie pharmaceutique.
EN BREF
- Jean-Marc Laurent, ex-animateur de TF1, combat pour sa fille souffrant de troubles de l’apprentissage.
- Il a déposé une plainte contre X pour «tromperie aggravée» concernant un antiépileptique.
- Laurent milite pour la reconnaissance des liens entre son traitement et le handicap de sa fille.
Dans un entretien exclusif accordé à Libération le 29 avril, Jean-Marc Laurent a partagé son histoire, marquée par une carrière réussie qui a débuté au début des années 80. Après avoir commencé sur NRJ, il rejoint TF1 en 1983 où il anime des programmes tels que Croque-vacances et le jeu populaire Tapis vert. À peine âgé de 20 ans, il interviewe des personnalités telles qu’Arletty, Boy George et Dalida. Dans les années 90, il se tourne vers la presse écrite, contribuant à des publications comme Famille Magazine et Le Pèlerin. C’est à Madagascar, sur l’île rouge, qu’il rencontre sa femme Anita, avec qui il se marie en 1995. Ensemble, ils accueillent deux filles : Éloïse, 17 ans, et Margot, 22 ans.
C’est pour Margot que Jean-Marc Laurent mène aujourd’hui un combat acharné contre l’industrie pharmaceutique. Le 13 février dernier, il a déposé une plainte contre X pour «tromperie aggravée» et «mise en danger d’autrui». Il établit un lien direct entre le handicap de sa fille, diagnostiquée «multidys», et un traitement antiépileptique, la Dépakine, qu’il prenait avant sa conception. Laurent se décrit comme le premier «papa Dépakine», affirmant que son cas pourrait ouvrir la voie à une reconnaissance des effets de ce médicament sur le développement des enfants.
Une étude récente publiée par Epi-Phare a suggéré que le valproate de sodium, commercialisé par le géant Sanofi, pourrait perturber le développement des enfants, mettant ainsi en exergue les inquiétudes de Laurent. Ce dernier se sent «hanté par la mort» et ne peut s’empêcher de se poser la question : «Que deviendra ma fille quand nous ne serons plus là ?». Cette angoisse le pousse à s’investir pleinement dans la vie de Margot, ayant mis un terme à sa carrière en 2015 pour lui consacrer tout son temps.
Rongé par une intense culpabilité, Jean-Marc Laurent désire voir cette responsabilité se déplacer vers les acteurs de l’industrie. Il est également engagé auprès de l’Apesac, une association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant. Son combat ne s’arrête pas là : il réclame l’ouverture d’un fonds d’indemnisation pour les pères, afin que des situations similaires ne se reproduisent plus à l’avenir.
En s’exprimant sur son parcours, Jean-Marc Laurent témoigne de sa détermination à défendre sa fille et à sensibiliser le public sur les enjeux liés aux médicaments prescrits durant la grossesse. Son histoire, bien que personnelle, soulève des questions cruciales sur la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques et le bien-être des générations futures.