Jean-Marc Morandini, animateur sur CNews, a été définitivement condamné pour harcèlement sexuel après avoir décidé de ne pas poursuivre son pourvoi en cassation. Cette décision met un terme à une affaire qui a déjà terni sa réputation, et survient moins de deux semaines après une précédente condamnation pour corruption de mineurs.
EN BREF
- Jean-Marc Morandini a abandonné son pourvoi en cassation.
- Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement.
- Cette affaire s’ajoute à une condamnation pour corruption de mineurs.
Cette nouvelle condamnation, révélée par l’AFP le 27 janvier 2025, découle d’une affaire qui remonte à 2015, où Morandini avait utilisé un faux nom pour piéger de jeunes comédiens. Ces derniers, âgés de 19 à 26 ans, ont été soumis à des pressions inacceptables lors des auditions pour une websérie intitulée Les Faucons. Les accusations incluent des demandes explicites de dénudement et des comportements inappropriés lors des castings.
Le magazine Les Inrocks avait initialement exposé ces faits, mettant en lumière un système d’exploitation et de manipulation. Une fausse directrice de casting, sous le pseudonyme de Catherine Leclerc, avait contacté les candidats en leur demandant d’envoyer des vidéos inappropriées. Un jeune homme, identifié comme Gabriel, a reçu des messages troublants lui demandant de se soumettre à des actes sexuels.
Au terme de son procès, Morandini a été reconnu coupable d’avoir « usé de pressions pour obtenir un acte sexuel » d’un jeune comédien. En plus de sa peine de prison avec sursis, il doit verser une amende de 10 000 euros et indemniser la victime. Il lui est également imposé de suivre des soins psychologiques.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de condamnations récentes. En janvier 2025, la Cour de Cassation a confirmé une première condamnation de Morandini, qui avait été jugé coupable d’avoir envoyé des messages sexuels à des mineurs entre 2009 et 2016. Ce verdict a entraîné une peine de deux ans de prison avec sursis, une amende de 20 000 euros et l’interdiction d’exercer une profession en contact avec des mineurs.
Malgré ces multiples condamnations, Morandini reste à l’antenne de CNews. Cette situation a suscité des réactions vives, notamment parmi des figures de la chaîne. Des personnalités comme Sonia Mabrouk et Pascal Praud ont pris leurs distances, tandis que Jordan Bardella a interdit aux élus du Rassemblement national de participer à ses émissions.
Cette affaire soulève des questions éthiques et morales quant à la place d’un animateur condamné dans les médias. Comment une chaîne peut-elle maintenir un individu avec un tel passé judiciaire en tant que figure publique ? Les répercussions de ces décisions pourraient avoir un impact significatif sur la perception du public et sur l’avenir de Morandini dans le paysage médiatique français.
Jean-Marc Morandini se trouve ainsi à un carrefour difficile, entre sa carrière et les conséquences de ses actes. La société se questionne sur la responsabilité des médias face à ce type de comportement et sur les mesures à prendre pour garantir la protection des jeunes talents dans l’industrie.