Le vendredi 28 août, lors de l’université d’été du Parti Socialiste à Blois, Jérôme Guedj, député et candidat à la primaire de son parti, a exposé sa vision de la gauche républicaine. Dans un contexte politique tendu, il se positionne comme un outsider face à des figures emblématiques telles que Raphaël Glucksmann et Olivier Faure.
EN BREF
- Jérôme Guedj se présente à la primaire du PS, défendant une gauche républicaine.
- Il critique la division au sein de la gauche et l’absence de compromis.
- Guedj propose un ministère de la Laïcité et une évolution de la Sécurité sociale.
Dans une ambiance chargée d’énergie, Guedj a exprimé son enthousiasme pour l’université d’été, tout en reconnaissant le défi qu’il représente dans une primaire où plusieurs poids lourds du PS se disputent la scène politique. Il a mis en avant la nécessité d’une « tonitruance républicaine » capable de réconcilier justice sociale et efficacité économique. Pour lui, la gauche doit choisir entre une intransigeance sur les valeurs républicaines ou un abandon de celles-ci au profit d’une vision essentialiste.
Ancien président du conseil départemental de l’Essonne, Guedj a vécu de près les tensions qui ont suivi l’effondrement de l’alliance de gauche après les événements du 7 octobre 2023. Évoquant sa propre expérience, il se dit blessé par les attaques qu’il a subies, notamment de la part de La France Insoumise (LFI), qui l’a caricaturé en « sioniste ». Dans son dernier ouvrage, il fait part de ses réflexions sur cette période troublée, où il a été traité comme un ancien lieutenant de Jean-Luc Mélenchon.
Pour Guedj, le paysage politique actuel, marqué par des antagonismes, est préoccupant. « Je suis réformiste radical », déclare-t-il. « Je ne suis pas opposé aux milliardaires, mais à l’injustice fiscale. » Il plaide pour une approche inclusive, qui ne se limite pas à des « safe zones » où les opinions sont monolithiques. « Ce n’est pas ça, la politique », insiste-t-il.
Une vision pour l’avenir
Originaire de Massy, Guedj est le fils de réfugiés juifs séfarades d’Algérie. Sa carrière politique l’a amené à se concentrer sur des enjeux concrets comme la création d’un service public de maisons de retraite dans son département. « Avoir une prise sur le réel, c’est ce qui me manque », confie-t-il, conscient que la politique nécessite des solutions pragmatiques.
Convaincu que la tripartition politique actuelle nuit à la cohésion, Guedj appelle à un « compromis républicain ». Il défend l’idée que le futur président devra naviguer entre différents intérêts, et propose d’instaurer un ministère de la Laïcité ainsi qu’une « Sécurité sociale intégrale » pour garantir un remboursement quasi total des consultations médicales, inspiré d’un modèle en vigueur en Alsace-Moselle.
Malgré les défis qui l’attendent, Guedj se distingue par sa volonté de continuer à s’engager. « La politique fait partie de moi », admet-il, témoignant de sa passion pour les enjeux sociétaux. Engagé aux côtés de sa compagne, l’écrivaine Émilie Frèche, et de son fils Joseph, il trouve du soutien dans sa famille pour affronter les défis politiques qui l’attendent.
Un appel à l’unité
Le député est conscient des difficultés qui l’attendent dans cette primaire, mais il reste résolu. « Il faut passer par une convergence républicaine sur l’école, la santé, etc. », clame-t-il. Alors que certains membres du PS doutent de ses chances, Guedj demeure déterminé à porter sa vision au sein du paysage politique français. « C’est peut-être suicidaire politiquement mais indispensable », conclut-il, conscient des enjeux cruciaux qui se dessinent à l’horizon.
Dans un paysage politique en mutation, Jérôme Guedj se positionne comme un acteur du changement, cherchant à rassembler plutôt qu’à diviser, avec l’espoir de construire un avenir plus uni pour la gauche et pour la France.