La récente officialisation de la relation entre Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles a suscité de nombreuses interrogations. En particulier, une question revient sans cesse dans les discussions : si ces deux-là venaient à se marier, le président du Rassemblement National pourrait-il acquérir un titre de noblesse ? Une idée qui amuse et intrigue, mais qui, selon des experts, ne tiendrait pas face à la réalité historique.
EN BREF
- Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles sont en couple.
- Un mariage n’entraînerait pas de titre de noblesse pour Bardella.
- Les titres de noblesse en France n’ont aucune valeur juridique.
Le contraste entre les deux protagonistes de cette romance est frappant. D’une part, Jordan Bardella, 30 ans, qui a construit son parcours politique sur une image d’ascension sociale, et d’autre part, Maria Carolina, 22 ans, héritière d’une fortune impressionnante et descendante directe de Marie-Caroline d’Autriche, sœur de Marie-Antoinette. Cette différence de milieux nourrit un récit fascinant qui capte l’attention des médias et du public.
Lorsqu’un récent article de Paris Match a révélé des photos du couple, l’effet a été immédiat. Au sein du Rassemblement National, les opinions divergent. Certains voient en cette relation un atout indéniable pour l’image du parti, tandis que d’autres craignent un effet « bling-bling » qui pourrait nuire à la perception populaire de leur champion. Dans son livre Ce que je cherche, Bardella insiste sur ses origines modestes, un récit difficile à concilier avec des vacances passées entre Saint-Tropez, Monaco et la Sardaigne, lieux prisés par la famille Bourbon des Deux-Siciles.
Au-delà de ces considérations politiques, une question plus romanesque se pose : si Jordan Bardella épouse Maria Carolina, pourrait-il devenir prince, duc ou bénéficier d’un titre honorifique ? Selon Alain Blondy, historien spécialisé dans le royaume de Naples, la réponse est claire : non. « Au mieux, il pourrait recevoir un titre de courtoisie, sans valeur juridique ni dynastique », précise-t-il.
En d’autres termes, même en épousant une princesse, Bardella ne pourrait revendiquer aucun titre reconnu. Les descendants de la dynastie Bourbon des Deux-Siciles portent aujourd’hui des titres qui n’ont plus de valeur institutionnelle. Pour illustrer cela, Alain Blondy évoque une situation où l’on pourrait revendiquer un titre de noble sans en avoir le droit, comparable à un souvenir d’une époque révolue.
Il est également important de noter que la loi française ne reconnaît pas les titres de noblesse. Un époux d’une princesse ne peut pas hériter du titre de celle-ci. Ainsi, même si Jordan Bardella devait convoler en justes noces avec Maria Carolina, il resterait un citoyen français ordinaire, sans titre officiel. Sur sa carte d’identité, il serait toujours désigné comme « M. Bardella », malgré un mariage avec une descendante d’une famille royale.
La compagne de Bardella a son propre parcours singulier. Jusqu’en 2016, elle n’était pas destinée à hériter des prétentions dynastiques de sa famille, en raison de la loi salique qui excluait les femmes de la succession. Ce n’est que grâce à son père, le prince Charles, qu’elle est devenue héritière directe, après l’abolition de cette règle.
En somme, Jordan Bardella ne deviendra ni prince, ni duc, ni baron en épousant Maria Carolina. Au mieux, il pourrait se voir attribuer un titre honorifique sans réelle portée. Ce couple offre un récit captivant, mais il est essentiel de rappeler que derrière l’image romantique se cache une réalité administrative impitoyable. La France demeure une République, où les titres de noblesse ne sont que des souvenirs d’un autre temps. Jordan Bardella, qu’il se marie ou non, continuera d’être un citoyen comme les autres, bien que sa vie puisse ressembler à celle d’un prince, avec des escapades au château à Saint-Tropez.