J’ose l’immo : un nouvel agent immobilier qui fait le choix de l’autonomie des vendeurs

À Marseille, un ancien agent immobilier, Jocelyn Tuccio, a décidé de révolutionner le secteur en supprimant les visites traditionnelles des biens immobiliers. Au lieu de cela, ce dernier propose aux vendeurs de gérer eux-mêmes les visites, tout en offrant des commissions réduites, allant jusqu’à trois fois moins chères que celles des agences classiques.

EN BREF

  • Jocelyn Tuccio a fondé J’ose l’immo, une agence en ligne à Marseille.
  • Les vendeurs gèrent les visites, permettant des économies sur les commissions.
  • Le modèle promet une réduction des frais d’agence à moins de 2 % du prix de vente.

Jocelyn Tuccio, âgé de 45 ans, a toujours été impliqué dans la relation clientèle, ayant précédemment travaillé dans le secteur bancaire et immobilier. La crise liée à la pandémie de Covid-19 a été un tournant pour lui. Après une période d’inactivité, le marché immobilier a redémarré et il a décidé de lancer son propre projet, centré sur la satisfaction client.

Avec sa société J’ose l’immo, Tuccio s’appuie sur le constat que les propriétaires sont souvent les mieux placés pour présenter leur bien. Ce modèle, bien que simple en apparence, remet en question des pratiques établies dans un secteur traditionnellement conservateur, notamment face aux difficultés rencontrées par certaines agences, comme celles de Stéphane Plaza.

Un fonctionnement innovant

Mais que fait cet agent immobilier s’il ne fait plus visiter les biens ? La réponse se trouve dans une série de tâches déléguées à son équipe. Les agents de J’ose l’immo s’occupent de :

  • La stratégie de commercialisation des biens
  • Rédaction et diffusion des annonces
  • Traitement des demandes des acheteurs
  • Organisation des rendez-vous et suivi des visites
  • Négociation et sécurisation des transactions

Des photographes professionnels sont également engagés pour réaliser des clichés des biens, inclus dans le forfait proposé. Tout se déroule par téléphone ou en visioconférence, permettant ainsi à l’équipe de travailler à distance, peu importe leur localisation en France. C’est ainsi que, depuis juin, trois indépendants ont rejoint Tuccio, dont l’un d’eux travaille depuis la Belgique.

Un modèle économique attractif

La formule de J’ose l’immo attire particulièrement les propriétaires occupants, souvent attachés à leur bien, tels que les retraités ou les primo-vendeurs. Ce public est comparable à celui des particuliers qui tentent de vendre sans agent, parfois avec des résultats désastreux. Le coût des démarches immobilières étant déjà élevé, Jocelyn Tuccio propose des commissions « 2 à 3 fois moins chères » que la moyenne du marché, qui se situe autour de 5,78 % en France, contre environ 4 % en moyenne en Europe.

Son offre se base sur un tarif de moins de 2 % pour un bien vendu à 300 000 euros, représentant une économie substantielle d’environ 11 000 euros. Toutefois, Tuccio admet les limites de son approche : il ne cherche pas à remplacer les agences traditionnelles, mais propose une alternative pour ceux qui ne souhaitent pas passer par la vente entre particuliers.

La question de la sécurité des transactions est cruciale. Que se passe-t-il lorsque le vendeur ouvre sa porte à un potentiel acheteur ? Cette préoccupation reste sans réponse définitive, mais Tuccio continue d’avancer dans son projet ambitieux. Son objectif est de constituer une équipe de 5 à 10 conseillers immobiliers salariés d’ici 2027, pour cela, il envisage une levée de fonds.

En parallèle, il s’entoure de mentors expérimentés, ayant suivi une formation avec l’équipe de l’émission « Qui veut être mon associé ? ». La conjoncture actuelle, avec la hausse des prix immobiliers, pousse les acheteurs à chercher des solutions plus économiques, et ce contexte semble favorable à son projet.

Le modèle de J’ose l’immo sera-t-il reproductible au-delà de Marseille ? Les mois à venir seront déterminants, notamment concernant la levée de fonds envisagée. En attendant, les vendeurs doivent choisir entre le confort d’une agence classique et l’option plus économique proposée par Tuccio, qui implique une implication directe dans la vente de leur bien.

Moins cher, mais nécessitant un investissement personnel : tel est le véritable enjeu de cette nouvelle approche. Alors que le marché évolue, il est peut-être temps de repenser les frais d’agence comme une fatalité, et de considérer les alternatives que des entrepreneurs comme Jocelyn Tuccio mettent sur la table.