À Kaboul, Samira Muhammadi pleure son fils Aref Khan, tué à 20 ans lors d’une frappe aérienne pakistanaise sur un centre médical. Cette tragédie survenue le 16 mars dernier soulève des questions sur la responsabilité des autorités militaires et la nécessité d’une enquête internationale.
EN BREF
- Samira Muhammadi réclame une enquête sur la mort de son fils suite à un bombardement.
- Les autorités talibanes évoquent plus de 400 victimes civiles lors de cette frappe.
- Dix-sept ONG dénoncent l’attaque, réclamant une justice pour les victimes.
Le 16 mars 2026, vers 21 heures, un bombardement pakistanais a touché un centre de désintoxication à Kaboul, entraînant la mort d’Aref Khan et d’autres victimes innocentes. Le gouvernement pakistanais a justifié cette opération en affirmant cibler des « objectifs militaires ». Cependant, le bilan tragique indique que 411 civils ont été tués, selon les autorités talibanes.
Samira Muhammadi, lors d’une cérémonie d’obsèques collective dans la mosquée Eid Gah à Kaboul, a partagé son désespoir. « Il doit y avoir une enquête », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de comprendre les circonstances de cette attaque. « D’autres mères ont perdu leur fils, d’autres femmes ont perdu un mari », a-t-elle ajouté, exprimant le besoin de justice pour toutes les familles touchées.
Aref Khan avait été admis au Camp Omid pour des problèmes de toxicomanie après avoir lutté contre l’addiction aux méta-amphétamines. Samira se souvient de leur dernière rencontre, où elle lui avait apporté à manger. « J’étais assise avec lui, j’ai fait une vidéo. Il pensait sortir rapidement », raconte-t-elle. Malheureusement, le bombardement a frappé peu après, rendant son identification difficile.
Des ONG comme Médecins du Monde ont condamné le bombardement, rappelant que les établissements de santé doivent être protégés. Amnesty International, Human Rights Watch et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme ont également appelé à une enquête indépendante. « La première responsabilité revient aux États dont les opérations militaires sont soupçonnées d’avoir touché des civils », a indiqué un porte-parole du Haut-Commissariat.
Richard Bennett, rapporteur spécial de l’ONU pour l’Afghanistan, souligne l’importance d’établir la vérité. « De nombreux innocents sont morts. J’espère que le Pakistan veut savoir ce qui s’est passé », a-t-il déclaré. Cependant, le gouvernement pakistanais n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements sur une possible enquête.
Alors que les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan persistent, plusieurs familles de victimes expriment leur confiance envers les institutions internationales pour mener une enquête équitable. Les autorités afghanes, de leur côté, affirment avoir partagé des preuves et ouvert l’accès au site de l’attaque.
La mission de l’ONU en Afghanistan (Unama) a pour mandat d’enquêter sur l’impact du conflit sur les civils. Toutefois, cette enquête pourrait prendre du temps, surtout dans les cas de nombreuses victimes. Kenneth Roth, ancien directeur de Human Rights Watch, souligne que peu de chances de poursuites existent au Pakistan, ce qui pourrait encourager des violations des droits humains.
Malgré tout, Samira Muhammadi refuse d’abandonner. « Nous devons élever la voix pour que justice soit faite », déclare-t-elle, déterminée à ne pas laisser le souvenir de son fils s’éteindre dans l’indifférence.