Karam Hassan : de migrant à cadre chez L’Oréal, un parcours inspirant

Dans un récit poignant, Karam Hassan, ancien migrant soudanais, témoigne de son parcours semé d’embûches avant de devenir cadre chez L’Oréal à Paris. Ce témoignage met en lumière non seulement les défis auxquels il a dû faire face, mais aussi la force de la solidarité et de la résilience humaine.

EN BREF

  • Karam Hassan a fui le Soudan et a traversé plusieurs pays avant d’atteindre la France.
  • Il a trouvé refuge grâce à l’aide de particuliers et d’associations, lui permettant une réinsertion réussie.
  • Depuis 2020, il est cadre chez L’Oréal, où il développe des projets pour les femmes en précarité.

À l’âge de 39 ans, Karam Hassan n’aurait jamais imaginé vivre en Europe. Originaire du Soudan, il a été contraint de fuir son pays en 2014, après avoir été persécuté par les autorités pour ses opinions politiques. Dans son livre intitulé Un rêve plus loin, il raconte son expérience douloureuse, mais aussi les personnes qui l’ont soutenu tout au long de son parcours.

Le destin de Karam a basculé lorsqu’il a été arrêté pour avoir milité contre le régime soudanais pendant ses études en Inde. Relâché sous condition de devenir un espion pour le gouvernement, il a choisi de fuir plutôt que de trahir ses convictions. Avec les économies de son père, boulanger, il a commencé un périple dangereux à travers l’Égypte, avant de tenter de rejoindre l’Europe.

Dans une tentative désespérée de traverser la Méditerranée, Karam s’est retrouvé dans une chaloupe surpeuplée, entouré de 30 autres migrants. « Le cauchemar commence… », se souvient-il. À bord, il a vécu des conditions inhumaines, avec la peur omniprésente de ne pas survivre à cette traversée. Un cargo a finalement secouru le groupe et les a conduits en Sicile, où il a passé neuf jours dans un centre pour migrants.

Malgré les difficultés, Karam n’a jamais perdu de vue son objectif : rejoindre l’Angleterre. Son parcours l’a conduit à travers la France, jusqu’à la jungle de Calais, où il a été confronté à la violence de la vie des migrants. Mais ce fut aussi un lieu de solidarité, où des associations ont apporté leur aide. « Quand on a des personnes qui nous considèrent comme des êtres humains, ça nous donne envie de vivre », explique-t-il.

Après avoir demandé l’asile en France en 2014, Karam a pu commencer à reconstruire sa vie. Il a rencontré Françoise, une enseignante retraitée, qui lui a enseigné le français, langue essentielle pour son intégration. Après avoir obtenu l’asile, il a poursuivi ses études et a décroché un master en management de projet.

Son parcours a pris un tournant décisif lorsqu’il a été accepté dans un programme à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), ce qui lui a permis de réaliser un stage à la fondation L’Oréal. Ce stage a conduit à un emploi permanent en 2020, où il est désormais impliqué dans des projets visant à soutenir les femmes en situation de précarité.

Karam Hassan a été naturalisé français en janvier 2022, un moment qu’il considère comme le plus beau de sa vie. Il continue de défendre les droits des réfugiés à travers son association, La Voix des Réfugiés. Son message est clair : la solidarité est une valeur essentielle, et chaque jour, il se lève avec le cœur léger, ayant retrouvé sa dignité.

Le récit de Karam Hassan est un exemple inspirant de résilience face à l’adversité. Son histoire rappelle que derrière chaque chiffre de migrants se cache une vie, une histoire unique, et souvent, un rêve de paix et de dignité.