Kast et Milei renforcent les relations bilatérales entre le Chili et l’Argentine

Le président chilien José Antonio Kast a entamé sa première visite officielle en Argentine, où il a rencontré son homologue argentin Javier Milei à Buenos Aires. Cette rencontre, qui s’est tenue le 6 avril 2026, marque une étape significative dans le renforcement des liens entre les deux pays, notamment sur les questions commerciales, touristiques et de sécurité.

EN BREF

  • José Antonio Kast et Javier Milei se sont engagés à promouvoir l’intégration commerciale.
  • Le Chili et l’Argentine envisagent des mesures sur la sécurité et le tourisme.
  • Kast évoque un « couloir humanitaire » pour les migrants vénézuéliens.

Lors de cette rencontre, les deux dirigeants ont affiché une vision commune, souvent alignée sur celle de l’ex-président américain Donald Trump. Kast a souligné l’importance de cette visite en déclarant : « C’est un moment historique pour l’intégration sur les questions de tourisme, de commerce, d’investissements, dans les mines ».

Le Chili et l’Argentine partagent une frontière de plus de 5.300 km et Buenos Aires représente le deuxième partenaire commercial de Santiago en Amérique latine, avec des échanges estimés à près de huit milliards de dollars en 2025. Cette dynamique économique est renforcée par des projets conjoints visant à améliorer la coopération entre les deux nations.

Un contexte politique aligné

Les relations entre les deux présidents ne se limitent pas à des échanges commerciaux. Kast, qui a pris ses fonctions récemment, a également rappelé sa proposition de campagne concernant la création d’un « couloir humanitaire » pour faciliter le retour des migrants vénézuéliens résidant au Chili. Il a noté que cette initiative pourrait être renforcée par les récents changements au Venezuela, suite à la chute de l’ancien président Nicolas Maduro, capturé début janvier et actuellement jugé aux États-Unis.

Kast a insisté sur la nécessité de progresser dans l’expulsion des migrants en situation irrégulière, affirmant que la coopération entre les gouvernements chilien et argentin est cruciale pour mener à bien cette initiative.

Un contexte délicat

Cette visite, bien que qualifiée de « protocolaire », survient dans un contexte politique et judiciaire complexe. Récemment, une tentative d’arrestation en Argentine de Galvarino Apablaza, un ancien guérillero chilien, a échoué. Apablaza, qui a bénéficié du statut de réfugié politique en Argentine depuis 2010, est accusé d’avoir participé à l’assassinat en 1991 du sénateur chilien de droite Jaime Guzman. Malgré un mandat d’arrêt émis récemment, la police argentine n’a pas réussi à l’interpeller.

Kast a exprimé son espoir quant à une future coopération renforcée pour capturer Apablaza, avec le ministère argentin de la Sécurité ayant mis en place une récompense d’environ 14.000 dollars pour toute information permettant de le localiser. Toutefois, la défense d’Apablaza conteste la légalité de cette arrestation, invoquant que les recours sur la levée de son statut de réfugié ne sont pas épuisés.

Cette visite symbolise donc non seulement un rapprochement entre le Chili et l’Argentine, mais également les défis complexes auxquels les deux pays doivent faire face ensemble. La volonté de collaborer sur des enjeux cruciaux comme la sécurité et l’immigration pourrait bien redéfinir les relations bilatérales dans les mois à venir.