La BNP Paribas, l’une des plus grandes banques françaises, se retrouve dans une situation délicate en raison de son ancien client, Jeffrey Epstein. De 2008 à 2018, Epstein a ouvert et géré plusieurs comptes auprès de la banque, ce qui a suscité des interrogations, notamment après la mort du financier en 2019, suite à des accusations de trafic sexuel.
EN BREF
- Jeffrey Epstein a eu des comptes à la BNP de 2008 à 2018, avant leur clôture pour des raisons de conformité.
- La banque a été interrogée par la justice américaine concernant des transactions liées aux abus d’Epstein.
- Malgré des accusations, la BNP affirme ne pas avoir de lien avec les activités criminelles d’Epstein.
Epstein a déménagé ses opérations bancaires de Fortis France à la BNP en 2008, en raison du rachat de la première par la seconde. Son compte a été fermé en 2018, un mouvement justifié par la banque par des questions de conformité. Cette décision intervient dans un contexte où la pression des réglementations américaines, telles que le FATCA, complique l’ouverture de comptes pour des citoyens américains en France.
Alors que la BNP Paribas clame ne pas avoir entretenu de relations de banque privée avec Epstein, des documents judiciaires révèlent qu’il a eu plusieurs comptes et même des produits financiers structurés par la banque. En 2020, après que Epstein a été accusé d’abus sexuels, la procureure des Îles Vierges, Denise George, a commencé à enquêter sur les institutions financières ayant collaboré avec lui. Cette enquête a vu la BNP recevoir une assignation à comparaître pour retracer l’origine des fonds liés à Epstein.
Le dossier d’Epstein est complexe, et la BNP Paribas n’est pas la seule banque à être impliquée. D’autres établissements, comme JP Morgan, ont récemment conclu un accord de 75 millions de dollars pour mettre un terme aux poursuites. La BNP, quant à elle, n’a pas divulgué si elle avait pris des mesures similaires, se contentant d’affirmer qu’elle n’avait aucun lien avec les activités criminelles d’Epstein.
La fermeture du compte d’Epstein à la BNP a également été liée à des refus d’autres banques françaises de lui ouvrir des comptes, un phénomène qui semble être la conséquence de la législation FATCA. La plupart des banques françaises, face à la complexité administrative que cela implique, préfèrent éviter les clients américains. Des tentatives pour ouvrir un compte à la Société Générale ou au Crédit Agricole ont été infructueuses, illustrant ainsi la difficulté pour Epstein de gérer ses finances en France.
Les documents judiciaires ayant trait à Epstein ont également mis en lumière d’autres pratiques de la finance internationale. Des banques européennes, telles que la Deutsche Bank et UBS, ont été mentionnées pour leur implication dans des produits financiers risqués qu’Epstein aurait pu utiliser. Malgré cela, aucun lien direct entre ces produits et ses activités criminelles n’a été établi.
Dans le cadre de l’affaire Epstein, la BNP Paribas doit naviguer entre son image de banque respectable et les implications négatives de son association avec un personnage aussi controversé. La question demeure : dans quelle mesure les banques doivent-elles être tenues responsables des clients qu’elles choisissent d’accepter ? L’affaire Epstein pourrait bien servir de précédent pour des enquêtes futures sur les relations entre les banques et leurs clients.
Enfin, l’affaire soulève des questions sur la régulation bancaire et la conformité. Les banques doivent-elles renforcer leurs contrôles internes pour éviter de se retrouver dans des situations similaires ? Les événements entourant Epstein pourraient inciter les institutions financières à réévaluer leurs critères de sélection des clients, afin de préserver leur réputation et leur intégrité sur le marché mondial.