Les nouvelles affiches placardées dans la ville de Béziers, initiées par le maire divers droite Robert Ménard, suscitent une vive controverse. Présentée en pleine Feria de Béziers, qui a débuté le 12 août, cette campagne affiche des messages qui interpellent et divisent les habitants. Des slogans tels que « Ici, nous avons des traditions et tant pis pour les bureaucrates parisiens » et « Libérez-vous, pensez Béziers » ont été largement commentés.
EN BREF
- Les affiches de Robert Ménard à Béziers font polémique.
- Des messages évoquant le conservatisme et les traditions.
- Le maire défend sa campagne au nom de l’identité locale.
Cette campagne a trouvé un écho favorable auprès de certaines personnalités locales. Sur le plateau des Grandes Gueules, par exemple, l’éleveur de bovins Didier Giraud a exprimé son soutien, affirmant : « J’adore ! ». Joëlle Dago-Serry, coach de vie, a également reconnu que, bien qu’elle ne soit pas dérangée par ces affiches, elle peine à trouver une logique dans l’enchaînement des idées présentées. Elle a déclaré : « Moi j’aime la messe aussi, j’aime les femmes, Dieu merci j’en suis une. » Toutefois, elle a également exprimé des réserves sur la corrida, précisant qu’elle n’approuve pas que les taureaux soient tués pour le divertissement.
La question de la laïcité a été soulevée dans les discussions autour de ces affiches. Pour certaines voix critiques, comme l’avocate Sandrine Pégand, ces messages semblent remettre en cause des principes républicains. Elle a exprimé son agacement en déclarant : « J’en ai marre, occupez-vous de votre parfum de glace, de votre transat privilégié, plutôt que de nous saouler avec une affiche comme ça. » Cependant, elle a aussi reconnu que ces messages ne sont pas nécessairement contraires à la laïcité, affirmant qu’ils peuvent être perçus comme une partie intégrante de la culture française.
Le maire de Béziers a défendu sa campagne dans un entretien sur BFMTV, déclarant que ces messages reflètent une réalité locale : « Il y a un paquet ici à aimer tout ça. » Ménard a insisté sur le fait qu’il n’y a pas de problème à soutenir des traditions qui sont chères à la population. Concernant la corrida, il a affirmé que les amateurs de ce spectacle doivent avoir le droit d’en profiter. « À Béziers et dans le sud, on est fiers de ce qu’on pense, de ce qu’on est et des valeurs qu’on véhicule. Et je pense que ce pays, mon pays, notre pays, crève de ça, de ces hommes politiques qui ont honte de ce qu’ils pensent », a-t-il conclu.
Cette campagne d’affichage pose la question de l’équilibre entre l’affirmation d’identités locales et le respect des valeurs républicaines. La réaction des Biterrois face à ces messages pourrait bien refléter des clivages plus larges au sein de la société française, où la tradition et la modernité s’affrontent souvent. Dans ce contexte, les affiches de Robert Ménard ne sont pas seulement des slogans mais un véritable miroir des tensions qui traversent la France actuelle.