La Ciivise appelle à renforcer la protection des élèves face aux violences sexuelles à l’école

Le 2 septembre 2026, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a exprimé son approbation quant à l’intégration de questions sur les violences sexuelles dans le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire. Cette initiative vise à faciliter la parole des élèves et à mieux repérer les cas de violences au sein des établissements scolaires. Cependant, la Ciivise a également souligné la nécessité d’améliorer la protection et l’accompagnement des victimes.

EN BREF

  • La Ciivise a salué l’intégration de questions sur les violences sexuelles à l’école.
  • Elle appelle à renforcer la protection des victimes et à former le personnel éducatif.
  • Le ministre de l’Éducation nationale a souligné l’importance de l’anonymat et de l’écoute des victimes.

Ce questionnaire, qui sera distribué à tous les élèves de la grande section de maternelle à la terminale, a été annoncé en août par Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale. Il vise à recueillir des informations sur les violences que les élèves pourraient avoir subies, un enjeu de taille étant donné qu’un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France. Le ministre a anticipé que les résultats de ce questionnaire pourraient avoir un impact considérable sur la compréhension de ce phénomène.

Néanmoins, la Ciivise insiste sur le fait qu’il est impératif d’accompagner cette libération de la parole par des mesures de sécurité adéquates. Elle préconise une écoute attentive et immédiate, ainsi qu’un parcours de soins adapté pour éviter toute forme de surtraumatisme chez les enfants. La commission a mis en avant des enjeux comme la formation des personnels éducatifs, qui doivent être en mesure d’accueillir et de recueillir la parole des élèves de manière sécurisée.

Un autre point soulevé concerne les moyens de la médecine scolaire, jugée insuffisante. La Ciivise a signalé une grave carence en personnels, avec un médecin scolaire pour 13 000 élèves et un infirmier pour 1 300 élèves. Selon elle, il est essentiel d’augmenter ces effectifs pour garantir un meilleur suivi des élèves, notamment ceux qui pourraient avoir besoin d’une attention particulière.

En outre, la commission recommande d’adapter le dispositif de recueil de la parole pour les enfants les plus jeunes ou ceux en situation de handicap, qui pourraient avoir des difficultés à s’exprimer par écrit ou à utiliser un format numérique. Cette adaptation est cruciale pour garantir que toutes les voix puissent être entendues.

La Ciivise a également mis en avant la nécessité de ne pas laisser les enfants sans protection durant le long processus d’enquête pénale. Elle appelle ainsi à l’expansion de l’ordonnance de sûreté de l’enfant, qui permettrait de retirer un mineur d’une situation dangereuse en 24 heures, suspendant temporairement les droits de visite d’un parent mis en cause.

Édouard Geffray a précisé que son rôle ne consiste pas à mettre en place des soins pour les enfants, mais à recueillir leur parole et à les orienter vers des psychologues en ville. Les signalements à la justice seraient également effectués simultanément. Selon le ministre, les résultats du questionnaire devraient être connus au printemps, permettant ainsi d’évaluer la part d’élèves ayant fait part de leurs expériences.

En 2025, l’Éducation nationale a déjà enregistré 88 000 signalements concernant des violences sexuelles ou des défaillances parentales. Ce chiffre témoigne de l’ampleur du problème et de la nécessité d’une action coordonnée pour protéger les élèves dans les établissements scolaires.