Au cœur de l’Himalaya, le Népal est en proie à une crise humanitaire sans précédent, exacerbée par les effets dévastateurs du changement climatique. Les récentes crues, qui ont déjà causé plus de 1 000 morts et laissé 4 000 personnes portées disparues, témoignent des graves conséquences d’un phénomène dont le pays est victime, mais dont il n’est en rien responsable. Ce 1er septembre, alors que le pays pleure ses victimes, un sentiment de colère et d’injustice s’installe parmi la population et les autorités népalaises.
EN BREF
- Plus de 1 000 morts et 4 000 disparus en raison de crues au Népal.
- Les autorités dénoncent la responsabilité des grandes puissances dans cette crise.
- Le gouvernement népalais demande une aide d’urgence à la communauté internationale.
Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), ces crues cataclysmiques ont été causées par l’effondrement d’un glacier, entraînant des torrents de débris et de boue. Bien que les causes précises restent floues, de nombreux experts pointent du doigt la fonte accélérée des glaciers, un phénomène observé dans l’Himalaya mais également ailleurs dans le monde. Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a souligné que « cette crue du fleuve Bhote Koshi à Rasuwa n’était pas un événement ordinaire » et a mis en avant l’augmentation des risques liés au changement climatique.
La colère monte parmi les autorités népalaises, qui estiment que ceux qui contribuent le moins au changement climatique en subissent les conséquences les plus sévères. Maheshwar Dhakal, haut responsable au ministère de l’Environnement, a déclaré : « Ceux qui ont le moins contribué [au changement climatique] sont ceux qui en souffrent le plus ». Le ministre des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a également insisté sur le fait que le Népal ne représente qu’une fraction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit moins de 0,01 %, tout en étant l’une des principales victimes de cette crise.
Cette situation d’injustice a été clairement formulée par la parlementaire Sumnima Udas, qui a déclaré que le Népal « paie un prix totalement disproportionné pour une crise dont il n’est pas responsable ». Un sentiment partagé par de nombreux citoyens, dont Aayash Sharma, un jeune homme de 31 ans, qui a exigé que « tous les pays qui ont émis du carbone en masse doivent être mis devant leurs responsabilités ». Cette exigence de responsabilité pourrait ouvrir la voie à des discussions sur des réparations, alors que le coût de la reconstruction est estimé à des milliards de dollars.
Face à cette crise, le gouvernement népalais a adressé une lettre à l’ONU, sollicitant une aide financière d’urgence via le Fonds vert pour le climat, un dispositif destiné à soutenir les pays en développement dans leur lutte contre les effets du changement climatique. Dans cette lettre, les autorités népalaises ont souligné que cette aide « montrerait que la communauté internationale est capable de réagir avec humanité, rapidité, souplesse et solidarité » face à des pertes et des dommages que les pays vulnérables ne peuvent gérer seuls.
Malgré cela, le Fonds vert pour le climat, reconstitué en 2023, a été largement déserté par les pays développés, notamment les États-Unis sous la présidence de Donald Trump, qui s’en sont retirés en début d’année. Cette situation met en lumière les défis persistants de la justice climatique, une question qui semble encore loin d’être résolue.
Alors que le Népal fait face à ces défis sans précédent, il est devenu impératif pour le pays de faire entendre sa voix sur la scène internationale. Le Premier ministre a déclaré qu’il était temps de soulever la question des catastrophes liées au changement climatique avec force, afin d’obtenir les soutiens nécessaires et de plaider la cause des nations les plus touchées par cette crise mondiale.