Le 18 mai 2026, plus d’un millier de membres de la diaspora tamoule se sont réunis à Paris pour commémorer les 17 ans de la fin de la guerre civile au Sri Lanka. Cette manifestation, marquée par des chants et des slogans, a pour objectif de demander la reconnaissance des crimes de guerre subis par la communauté tamoule.
EN BREF
- Plus de 1000 manifestants tamouls à Paris pour revendiquer la reconnaissance de leur génocide.
- La manifestation commémore le massacre de Mullivaikkal, où 40.000 civils ont perdu la vie.
- Les élus français soutiennent la demande de justice et d’autodétermination des Tamouls.
La commémoration a eu lieu sur fond de tensions toujours vives autour des événements tragiques qui se sont déroulés à la fin du conflit en mai 2009. Les manifestants, habillés de noir et portant des drapeaux représentant le Tamil Eelam, ont march é de la place de la Bastille à celle de la République, faisant entendre leur voix pour la justice et la reconnaissance.
Nindulan Navaneethan, membre de la Confédération des comités tamouls de France, a souligné l’importance de cet événement : « Tant que la justice n’est pas rendue, il est essentiel de commémorer. » La communauté tamoule, qui a été témoin d’atrocités pendant cette guerre, exige une reconnaissance officielle de ce qu’ils qualifient de génocide.
Parmi les participants, Niraimathy Sritharan, 48 ans, a partagé son histoire personnelle. Originaire de Kilinochchi, elle a vécu les bombardements de l’armée sri-lankaise et a été blessée. « Peu importe là où on est né, ça ne s’oublie pas », a-t-elle déclaré, émue. Son témoignage illustre la douleur persistante ressentie par de nombreux Tamouls, même des années après la fin du conflit.
Des élus français ont également pris part à cette marche, déposant des roses sur une réplique d’un monument aux morts tamouls. Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a affirmé : « Il faut nommer sans détour le génocide tamoul. » Son discours a résonné avec les revendications des manifestants, qui demandent une reconnaissance officielle et une enquête internationale indépendante sur les événements tragiques survenus au Sri Lanka.
Banuja Baskaran, une élue de Bondy d’origine tamoule, a exhorté le gouvernement français à « suivre les traces d’autres démocraties » et à reconnaître officiellement le génocide tamoul. Ce plaidoyer est d’autant plus essentiel dans un contexte où les gouvernements successifs à Colombo ont systématiquement nié les accusations de crimes de guerre, y compris les allégations selon lesquelles l’armée aurait causé la mort d’au moins 40.000 civils tamouls durant les derniers mois du conflit.
La guerre civile, qui a duré de 1983 à 2009, a été marquée par une violence extrême, faisant environ 100.000 victimes, selon les estimations des Nations unies. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a récemment appelé le gouvernement sri-lankais, dirigé par le président Anura Kumara Dissanyake, à traiter les questions d’impunité dans le pays. Toutefois, les autorités sri-lankaises continuent de résister aux appels internationaux en faveur d’enquêtes indépendantes.
Le rassemblement de Paris illustre bien la détermination de la diaspora tamoule à obtenir justice et reconnaissance, même 17 ans après la fin d’un conflit dévastateur. L’histoire de la communauté tamoule au Sri Lanka demeure marquée par des blessures profondes, et les appels à la mémoire et à la vérité continuent d’être des éléments centraux de leur lutte.