La douleur de la mammographie : éclairages d’une gynécologue sur le dépistage du cancer du sein

Le cancer du sein demeure la pathologie la plus fréquente chez les femmes en France, avec plus de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. La détection précoce de cette maladie est cruciale, offrant un pronostic favorable, notamment avec une survie nette à cinq ans estimée à 88 %. Dans ce contexte, le dépistage organisé représente un enjeu majeur de santé publique.

EN BREF

  • La mammographie est essentielle pour un dépistage précoce du cancer du sein.
  • La douleur ressentie lors de l’examen varie d’une femme à l’autre.
  • Des efforts sont en cours pour réduire l’inconfort lié à cet examen.

Le dépistage organisé s’adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans, qui ne présentent pas de symptômes ni de facteurs de risque en dehors de l’âge. Tous les deux ans, elles sont invitées à réaliser une mammographie. Cet examen, bien que vital, est souvent redouté en raison de la douleur qu’il peut engendrer. Mais est-il vraiment douloureux ?

Dans une vidéo récemment publiée sur le compte Instagram de l’Institut Curie, la Dre Florence Coussy, gynécologue et oncologue, a tenté de répondre à cette question cruciale à l’occasion d’Octobre Rose, le mois dédié à la sensibilisation sur le cancer du sein. Elle a affirmé : « Non, la mammographie ne fait pas toujours mal, mais la sensation peut être très variable en fonction des femmes. »

Le processus de la mammographie dure en moyenne quinze minutes. Pendant cet examen, chaque sein est placé entre deux plaques qui se resserrent pour garantir la qualité des images. Bien que cette compression soit nécessaire, elle peut provoquer un certain inconfort, voire de la douleur, selon la Dre Coussy, qui précise cependant que cette sensation ne dure que quelques secondes par sein.

L’Institut national du cancer (INCa) souligne que des travaux sont en cours avec les professionnels de la radiologie pour diminuer l’intensité et la fréquence de la douleur ressentie lors des mammographies. Les femmes sont également encouragées à exprimer leurs craintes au radiologue avant l’examen pour adapter au mieux leur expérience.

La Dre Coussy rappelle que malgré la variabilité des ressentis, l’importance de cet examen ne doit pas être sous-estimée. « La mammographie présente un bénéfice majeur, puisqu’elle permet de dépister le cancer du sein tôt », souligne-t-elle. Plus un cancer est détecté précocement, moins les traitements sont lourds, ce qui améliore significativement le taux de guérison.

Chaque année, environ 2,5 millions de femmes entre 50 et 74 ans participent à ce dépistage organisé. Il est également possible de prescrire une mammographie dans le cadre d’un dépistage personnalisé pour les femmes présentant des facteurs de risque, même avant 50 ans. La Dre Coussy conclut avec une affirmation encourageante : « Plus d’hésitation, la mammographie sauve des vies. Allons nous faire dépister ! » Cette incitation vise à sensibiliser encore davantage les femmes sur l’importance de ce dépistage dans la lutte contre le cancer du sein.