Chaque premier dimanche de mars, la Fête des grands-mères s’impose dans les foyers français. Les enfants colorient des dessins, les bouquets de fleurs s’accumulent et les appels vidéo s’intensifient pour rendre hommage à ces figures maternelles. Pourtant, peu d’entre vous savent que cette célébration n’a pas des racines aussi anciennes qu’on pourrait le croire, ni d’origines religieuses ou historiques majeures.
EN BREF
- La Fête des grands-mères 2026 se déroulera le 1er mars, comme chaque année.
- Elle a été créée en 1987 par la marque de café Grand’Mère pour relancer ses ventes.
- Près de 8 millions de grands-mères en France sont célébrées, selon les enquêtes.
La date de cette fête, fixée à 2026 pour le 1er mars, est le résultat d’une simple décision marketing. En effet, il n’y a pas de loi ni de calendrier religieux qui l’impose. L’histoire débute à la fin des années 1980, dans les bureaux d’une entreprise de café, défiant ainsi certaines croyances populaires qui l’associent à Charles de Gaulle ou à l’Église.
La Fête des grands-mères est célébrée chaque année le premier dimanche de mars, une tradition qui s’est progressivement installée dans le cœur des Français. Bien que cette journée ne soit pas un jour férié, elle concerne environ 8 millions de grands-mères à travers le pays. Selon plusieurs enquêtes, 89 % des Français sont au courant de cette célébration, et 77 % y participent activement. Cela témoigne de l’impact culturel de cette fête, même sans cadre juridique officiel.
La confusion autour de la Fête des grands-mères provient souvent de sa comparaison avec la Fête des Mères, qui, elle, est régie par le Code de l’action sociale et des familles. Bien que le régime de Vichy ait mis en avant cette dernière, il n’en est pas l’inventeur. À l’inverse, l’origine de la Fête des grands-mères ne figure dans aucun texte législatif ou liturgique et a moins de 40 ans, ce qui peut alimenter une certaine fausse mémoire collective.
La genèse de cette fête remonte à la ville de Roubaix, où la marque de café Grand’Mère a vu le jour en 1954. Après plusieurs changements de propriétaires, dont le groupe Kraft Jacobs Suchard, la marque a décidé en 1987 de créer un événement pour stimuler ses ventes durant la période creuse entre Noël et Pâques. C’est ainsi qu’une association, nommée Fête des grands-mères, a été fondée. La première édition s’est tenue à la fin mars 1987, avant que la date ne soit rapidement déplacée au premier dimanche de mars, plus facile à mémoriser.
Les campagnes publicitaires, les affichages dans les rues et les animations dans les écoles ont contribué à ancrer cette fête dans les habitudes des Français. Avec le temps, les agendas ont commencé à imprimer la mention de cette journée, et les fleuristes se sont adaptés à cette nouvelle tradition. La marque, quant à elle, a progressivement réduit son rôle, laissant la fête devenir un événement que les sociologues qualifient de « tradition inventée », institutionnalisée par la répétition.
Il est essentiel de souligner que le fait que la Fête des grands-mères soit née d’une initiative publicitaire ne diminue en rien l’affection que les familles lui portent. Pour beaucoup, cette journée est l’occasion de partager des moments authentiques en famille, privilégiant les gestes symboliques et le temps passé ensemble, plutôt que d’opter pour des cadeaux matériels coûteux. Ces attentions sont précieuses et témoignent de l’importance des liens intergénérationnels.
En somme, la Fête des grands-mères, bien qu’elle soit née d’une stratégie commerciale, s’est transformée en une célébration significative pour des millions de Français. Elle rappelle l’importance de la transmission des valeurs familiales et l’affection que l’on porte à ses aînés.