Dans un contexte de montĂ©e en puissance des menaces aĂ©riennes, la France a rĂ©cemment rĂ©alisĂ© des avancĂ©es notables dans le domaine de la lutte antidrones. Le ministĂšre des ArmĂ©es a annoncĂ©, ce mercredi, que lâarmĂ©e de lâAir et de lâEspace (AAE) a menĂ© avec succĂšs des tirs dâexpĂ©rimentation en utilisant le missile Hellfire, traditionnellement conçu pour des cibles terrestres, depuis un drone MQ-9 Reaper sur des cibles de type drone.
EN BREF
- La France teste le missile Hellfire contre des drones depuis un Reaper.
- Cette adaptation vise à renforcer ses capacités antidrones.
- Le coût de cette opération est inférieur à celui des missiles traditionnels.
Cette initiative s’inscrit dans une volontĂ© d’innovation. En effet, lâAAE, en collaboration avec la Direction gĂ©nĂ©rale de lâarmement (DGA), a rĂ©ussi Ă adapter le systĂšme de tir du Hellfire Ă cette nouvelle mission en seulement trois mois aprĂšs sa mise en service sur le drone Reaper. « Lâesprit dâinnovation de lâAAE a permis dâĂ©tendre lâemploi de cette munition, initialement conçue pour des cibles au sol », a prĂ©cisĂ© le ministĂšre des ArmĂ©es, soulignant ainsi une nouvelle capacitĂ© opĂ©rationnelle face Ă la menace croissante des drones.
Le drone MQ-9 Reaper, dĂ©veloppĂ© par lâentreprise amĂ©ricaine General Atomics, est un appareil de moyenne altitude et de longue endurance (MALE), utilisĂ© principalement pour des missions de surveillance et de frappes. Il est armĂ© de missiles Hellfire, fabriquĂ©s par Lockheed Martin. La France a acquis douze de ces drones, renforçant ainsi sa flotte aĂ©rienne.
Face Ă la « dronisation » croissante des conflits, comme ceux en Ukraine ou au Moyen-Orient, les armĂ©es du monde entier cherchent Ă dĂ©velopper des moyens efficaces pour contrer cette menace. Lâenjeu est dâĂ©viter d’utiliser des missiles sophistiquĂ©s et coĂ»teux pour abattre des cibles qui ne valent parfois que quelques dizaines de milliers de dollars.
Le Hellfire, bien qu’efficace, a un coĂ»t dâenviron 100 000 dollars lâunitĂ©, ce qui le place dans une gamme de prix proche de celle des drones Shahed. Pour abattre ces drones, lâarmĂ©e française utilise traditionnellement ses avions de chasse Rafale, Ă©quipĂ©s de missiles Mica, dont le coĂ»t dĂ©passe 600 000 euros chacun. Au cours des derniĂšres semaines, plus de 70 de ces missiles ont Ă©tĂ© tirĂ©s pour neutraliser des drones iraniens menaçant ses alliĂ©s Ă©miratis.
La France ne se limite pas aux Reaper et aux missiles Hellfire. Elle dispose Ă©galement dâhĂ©licoptĂšres de combat tels que le Tigre, armĂ© dâun canon de 30 mm, ainsi que du Fennec, Ă©quipĂ© de mitrailleuses. Par ailleurs, des systĂšmes sol-air comme les SAMP/T et VL MICA sont Ă©galement utilisĂ©s pour intercepter les menaces aĂ©riennes.
Dans un souci dâadaptation continue, la France rĂ©alise plusieurs expĂ©rimentations. Parmi celles-ci, l’idĂ©e de modifier les canons de 30 mm des Rafale pour les rendre capables dâabattre des drones a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e. Actuellement, ces canons sont configurĂ©s principalement pour le combat aĂ©rien entre chasseurs et ne sont pas adaptĂ©s pour cibler des appareils lents comme les drones Shahed.
Ces efforts d’innovation tĂ©moignent de la dĂ©termination de la France Ă renforcer sa capacitĂ© Ă faire face aux menaces Ă©mergentes, tout en optimisant ses ressources. La rĂ©ussite des essais avec le missile Hellfire est un signe prometteur de l’Ă©volution de sa stratĂ©gie antidrones.