La France affirme son refus de hiérarchiser les crimes contre l’humanité

Lors d’un récent déplacement à Lomé, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défendu la position de la France concernant une abstention lors d’un vote à l’ONU. Ce vote portait sur une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité ». La France a choisi de s’abstenir, affirmant son refus de créer une hiérarchie entre les différents crimes contre l’humanité.

EN BREF

  • La France s’abstient sur une résolution de l’ONU sur la traite des Africains.
  • Jean-Noël Barrot souligne l’importance de ne pas hiérarchiser les crimes contre l’humanité.
  • La résolution adoptée appelle à des mesures de réparation pour les victimes.

« Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c’est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd’hui », a déclaré Jean-Noël Barrot à l’AFP. En dépit de cette abstention, il a souligné l’importance d’un travail de mémoire, affirmant qu’il est « indispensable de pouvoir faire ce travail de mémoire et de vérité sur notre passé ». Cette déclaration met en lumière un aspect fondamental de la politique française vis-à-vis des questions de mémoire et de réparation historique.

La résolution en question, adoptée fin mars avec 123 voix pour, a été soutenue par des pays comme le Ghana, dirigé par le président John Mahama. Elle appelle à reconnaître « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme les plus graves crimes contre l’humanité. En outre, elle prévoit des mesures de réparation, incluant des excuses formelles, des compensations et la restitution de biens culturels, soulignant ainsi le besoin urgent de reconnaissance et de justice pour les victimes de ces atrocités.

En marge de cette position sur la résolution, Jean-Noël Barrot a également abordé les relations entre la France et le Togo. Il a plaidé pour la levée rapide de la suspension de France 24 et de Radio France Internationale, qui est en vigueur depuis 2025. « C’est dans l’intérêt de toutes les parties », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de maintenir des liens forts et ouverts entre les nations.

Dans un contexte international complexe, où le Togo manifeste un rapprochement avec la Russie, le ministre a écarté toute comparaison entre les actions de l’Europe et celles de Moscou. « Il n’y a aucune comparaison entre la contribution de la France et de l’Union européenne au développement du continent et celle de la Russie », a-t-il affirmé, insistant sur le rôle historique et positif de la France en Afrique.

La déclaration de Jean-Noël Barrot et la position de la France sur la hiérarchisation des crimes contre l’humanité soulèvent des questions importantes sur la mémoire collective et la justice historique. Alors que la communauté internationale lutte pour reconnaître et réparer les blessures du passé, il est essentiel que chaque nation prenne en compte les souffrances endurées par les victimes, sans les mettre en compétition.