La France dénonce la Hongrie pour trahison après des révélations sur des liens avec la Russie

Les relations diplomatiques entre la France et la Hongrie connaissent une nouvelle escalade de tensions. Jean-Noël Barrot, le ministre français de la Transition numérique et des Télécommunications, a qualifié ce jeudi 9 avril la situation de « trahison » après des révélations médiatiques concernant des conversations téléphoniques entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Ces échanges, qui se seraient déroulés lors de réunions à Bruxelles, font état d’un soutien implicite de la Hongrie envers la Russie, alors que l’Union européenne cherche à maintenir une position unie face à la guerre en Ukraine.

EN BREF

  • Jean-Noël Barrot évoque une « trahison » de la Hongrie envers l’UE.
  • Des informations stratégiques auraient été transmises à la Russie par la Hongrie.
  • Les élections législatives en Hongrie, prévues dimanche, s’annoncent serrées.

Lors d’une interview sur France Inter, M. Barrot a exprimé son indignation, soulignant que « c’est une trahison de l’exigence de solidarité qui s’impose entre les pays de l’Union européenne ». Il a insisté sur la nécessité d’une unité parmi les États membres pour faire face aux défis mondiaux, affirmant que « sans cette unité, nous deviendrons les vassaux des nouveaux empires, ce que nous refusons ». Ce discours marque un tournant dans les relations franco-hongroises, déjà marquées par des tensions sur divers sujets, notamment la gestion de l’immigration et les valeurs démocratiques en Hongrie.

Les révélations concernant Peter Szijjarto proviennent d’un consortium de médias d’Europe de l’Est, qui a rapporté que le ministre hongrois avait fourni à Moscou des informations stratégiques sur des questions cruciales, notamment en matière de sécurité. Jean-Noël Barrot a mis en exergue le rôle des différents formats de réunions à Bruxelles, où la présence ou non des conseillers peut influencer la confidentialité des discours. Il a déclaré que cette situation « jette un voile de doute sur l’intégrité de nos délibérations » et a appelé Viktor Orban à respecter ses engagements vis-à-vis de l’Union.

La porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, a également réagi, qualifiant ces informations de « extrêmement préoccupantes ». Elle a souligné la possibilité alarmante qu’un État membre ait coordonné ses actions avec la Russie, ce qui pourrait compromettre la sécurité et les intérêts de l’Union européenne. Elle a exhorté le gouvernement hongrois à fournir des explications rapidement, ajoutant que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, comptait évoquer la situation avec les autres dirigeants européens lors de leur prochaine rencontre.

Dans un contexte de montée des tensions, Peter Szijjarto a dénoncé ce qu’il qualifie d’« ingérence » étrangère dans la campagne électorale en Hongrie, à l’approche des élections législatives de dimanche. Le ministre a parlé d’un « très grand scandale », évoquant l’interception de ses communications par des services secrets étrangers, qu’il estime être dans l’intérêt de l’Ukraine. Les élections législatives s’annoncent particulièrement serrées, avec des sondages indiquant une compétition entre le parti conservateur pro-européen Tisza, dirigé par Peter Magyar, et la coalition Fidesz-KDNP du Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans.

Ce climat politique tendu en Hongrie, où les institutions pro-gouvernementales prédisent une victoire pour Orban, met en lumière les défis auxquels est confrontée l’Union européenne dans sa quête d’une cohésion face à des questions de sécurité et de solidarité. Les résultats des élections pourraient avoir des répercussions sur les relations entre la Hongrie et les autres États membres, notamment si des tensions persistent autour des allégations de collusion avec la Russie.

Alors que la situation évolue rapidement, la France et l’Union européenne resteront attentives aux développements sur ce dossier, cherchant à maintenir une ligne stratégique unie face aux menaces extérieures et à préserver l’intégrité de leur union.