La guerre au Moyen-Orient pèse sur les agriculteurs américains en Caroline du Nord

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les agriculteurs américains, notamment en Caroline du Nord, se retrouvent dans une situation difficile. Les tensions géopolitiques ont un impact direct sur les coûts des engrais, essentiels à la production agricole. Andy Corriher, un cultivateur de blé de 47 ans, témoigne des effets dévastateurs de cette guerre sur son exploitation.

EN BREF

  • Les coûts des engrais explosent en raison du conflit au Moyen-Orient.
  • De nombreux agriculteurs américains peinent à s’approvisionner en engrais nécessaires.
  • La moisson de 2027 suscite des inquiétudes croissantes parmi les producteurs.

Andy Corriher, installé à China Grove, en Caroline du Nord, fait face à une situation alarmante. Les bombardements en cours et les décisions prises à Téhéran, notamment le blocage du détroit d’Ormuz, ont entraîné une flambée des prix des engrais, rendant leur accès de plus en plus difficile. « On a été touchés au pire moment possible. On a besoin d’engrais dont le prix explose et la disponibilité diminue », déclare-t-il, visiblement préoccupé par la gestion de ses cultures.

Le prix des engrais a augmenté d’au moins 40 % depuis le début des hostilités. Dans ce contexte, Corriher a décidé de réduire ses doses d’engrais, conscient que cela pourrait compromettre le rendement de sa production. Sa situation n’est pas isolée. À quelques kilomètres de là, Russell Hedrick, agriculteur sur 400 hectares de soja et de céréales, est également affecté par cette hausse. « Beaucoup d’agriculteurs américains n’ont pas assez d’espace pour faire des stocks en amont », explique-t-il.

Russell a dû acheter la plupart de son engrais à des prix très élevés, optant pour une utilisation minimale dans l’espoir de compenser les pertes à l’avenir. « Avant même la guerre, les coûts étaient tels que les agriculteurs devaient jouer aux chimistes, pour en tirer le maximum », raconte-t-il, illustrant la précarité de leur situation.

Les déclarations de la ministre de l’Agriculture, Brooke Rollins, ont également suscité des réactions mitigées. Elle a affirmé que 80 % des agriculteurs américains avaient pu se procurer l’engrais nécessaire avant le conflit. Derrick Austin, un autre agriculteur de la région, est parmi les 20 % restants. « Ça m’a coupé le souffle », confie-t-il, expliquant qu’il a dû agir rapidement pour sécuriser quelques tonnes d’engrais au prix antérieur. « C’était bouleversant. »

Selon Chad Hart, spécialiste de l’agriculture à l’université de l’Iowa, le secteur est déjà en récession depuis deux ans. Les revenus des agriculteurs sont en baisse, et la guerre ne fait qu’aggraver la situation. « La moisson de 2027 sera davantage un motif d’inquiétude si le conflit dure », prédit-il, soulignant ainsi les conséquences à long terme de cette crise.

Andy Corriher s’interroge sur l’absence de prise de conscience des conséquences économiques de la guerre. Pour lui, « tout le monde semble souffrir » de la flambée des prix, notamment du carburant. Il exprime son désarroi face à ce qu’il perçoit comme des dommages collatéraux négligés. « C’est comme si on n’avait pas vraiment réfléchi à toutes les conséquences », conclut-il.

Bien que ses opinions sur le président Donald Trump commencent à évoluer, Corriher reste conscient des défis auxquels il fait face. « C’est un humain comme nous. Je pense qu’il prend de bonnes décisions, je pense qu’il commet aussi des erreurs », ajoute Russell Hedrick, fidèle à son soutien pour Trump au cours des dernières élections.

Ces témoignages illustrent les difficultés que rencontrent les agriculteurs américains face à des crises géopolitiques qui dépassent largement le cadre de leur exploitation. La lutte pour la survie de leur activité est ainsi entremêlée aux enjeux internationaux.