La guerre en Iran intensifie les menaces terroristes en Europe

La guerre en Iran ne se limite pas Ă  des rĂ©percussions Ă©conomiques. Elle engendre Ă©galement une inquiĂ©tude croissante concernant la menace terroriste sur le sol europĂ©en. En effet, une enquĂȘte est actuellement en cours suite Ă  une tentative d’attaque Ă  la bombe visant la Bank of America Ă  Paris, survenue samedi dernier. Les soupçons se tournent vers le groupuscule « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (Hayi), dont les actions rĂ©centes montrent des similitudes troublantes avec d’autres incidents survenus en Europe depuis le dĂ©but du conflit. Le ministre de l’IntĂ©rieur, Laurent Nuñez, a d’ores et dĂ©jĂ  pris des mesures pour renforcer la sĂ©curitĂ© autour des sites sensibles, notamment ceux liĂ©s Ă  la communautĂ© juive et aux intĂ©rĂȘts amĂ©ricains.

EN BREF

  • La menace terroriste en Europe est en hausse avec la guerre en Iran.
  • Le groupuscule Hayi a revendiquĂ© plusieurs attaques Ă  travers le continent.
  • Les enquĂȘtes en cours pourraient Ă©tablir des liens avec le rĂ©gime iranien.

Cette inquiĂ©tude ne concerne pas seulement une tentative isolĂ©e. Depuis le 9 mars, la violence contre la communautĂ© juive et des intĂ©rĂȘts amĂ©ricains s’est multipliĂ©e. À LiĂšge, une bombe artisanale a explosĂ© devant une synagogue. À Londres, quatre ambulances de la communautĂ© juive ont Ă©tĂ© incendiĂ©es, et Ă  Anvers, une voiture a Ă©tĂ© brĂ»lĂ©e dans le quartier juif. D’autres incidents ont Ă©galement eu lieu, comme une explosion devant l’ambassade amĂ©ricaine en NorvĂšge et une attaque contre une Ă©cole juive Ă  Amsterdam. À ce jour, le groupuscule Hayi a revendiquĂ© sept attaques, ce qui soulĂšve des inquiĂ©tudes quant Ă  l’intensification de ces actes.

Pour Thomas Renard, directeur de l’International Center for Counter Terrorism (ICCT), la probabilitĂ© d’autres Ă©vĂ©nements violents est « trĂšs Ă©levĂ©e ». Il souligne que la menace Ă©manant de l’Iran n’est pas nouvelle, mais qu’elle semble s’intensifier. La nature des attaques perpĂ©trĂ©es jusqu’Ă  prĂ©sent, principalement nocturnes et causant des dĂ©gĂąts superficiels, pourrait indiquer une volontĂ© de semer la peur sans pour autant chercher des victimes.

Les raisons politiques derriĂšre ces attaques restent floues. Comme l’indique Thomas Renard, il n’existe aucune rĂ©fĂ©rence directe Ă  l’Iran dans les revendications, ce qui complique l’attribution des actions. Laurence Bindner, cofondatrice du JOS Project, souligne que l’utilisation de groupes Ă©crans rend difficile de relier ces actes avec certitude Ă  TĂ©hĂ©ran. Cependant, si des liens Ă©taient Ă©tablis, cela pourrait indiquer une nouvelle stratĂ©gie iranienne, utilisant des « cellules dormantes » pour exercer une pression psychologique sur les gouvernements europĂ©ens.

Les rĂ©percussions de ces actes ne se limitent pas Ă  la sĂ©curitĂ©. Elles visent Ă©galement Ă  raviver la psychose du terrorisme, incitant ainsi les États europĂ©ens Ă  réévaluer leur position face Ă  la guerre en cours. Actuellement, aucune preuve tangible ne relie ces actes Ă  un commandement centralisĂ©. Cela pose la question de la dynamique opĂ©rationnelle qui pourrait ĂȘtre mise en place pour soutenir les objectifs iraniens, selon Charles Lister, du Middle East Institute.

Dans le cadre de l’enquĂȘte sur l’attaque dĂ©jouĂ©e Ă  Paris, le parquet national antiterrorisme (Pnat) a procĂ©dĂ© Ă  la garde Ă  vue de deux nouveaux suspects, portant le total Ă  cinq. Ces individus, des dĂ©linquants de droit commun, auraient Ă©tĂ© recrutĂ©s via Snapchat pour un montant de 600 euros. Thomas Renard note que l’Iran a su maintenir une ambiguĂŻtĂ© autour de ses actions, rendant difficile l’attribution des attaques au rĂ©gime. Cela contribue Ă  alimenter la peur du terrorisme en Europe, tout en laissant planer l’incertitude sur l’avenir de la sĂ©curitĂ© sur le continent.