Les consommateurs français sont de plus en plus inquiets face à la flambée des prix de l’énergie, notamment du gaz et du pétrole, qui risque de se répercuter sur le coût de la vie. Après une période de stabilisation qui s’annonçait pour 2026, les récents événements géopolitiques, notamment le blocus du détroit d’Ormuz, ont provoqué une hausse significative des prix qui pourrait peser lourdement sur le budget des ménages.
EN BREF
- Le baril de Brent a augmenté de plus de 30 % en quelques jours.
- Les prix de l’énergie impactent directement les coûts alimentaires.
- Le blé, essentiel pour l’alimentation animale, reste pour l’instant stable.
Début mars, les négociations entre les industriels et les distributeurs ont abouti à une hausse moyenne des prix d’environ 1 % dans les rayons. Ce chiffre, qui peut sembler raisonnable après une inflation de plus de 20 % sur deux ans, est cependant mis à mal par la montée des coûts de l’énergie. Avec le prix du baril de Brent passant d’environ 73 dollars à plus de 92,7 dollars, la situation pourrait vite dégénérer.
Le marché européen du gaz a également connu une flambée, avec des prix atteignant près de 65 € le MWh, entraînant une hausse de 5,3 % du tarif pour les ménages au début de mars. Cette hausse des prix est en grande partie due à la paralysie partielle du détroit d’Ormuz, un point névralgique pour le transit du pétrole et du gaz liquéfié.
Olivier Dauvers, analyste du secteur, souligne que la flambée des prix de l’énergie ne peut pas ne pas avoir d’impact sur les étiquettes des supermarchés. En effet, l’industrie agroalimentaire dépend fortement du gaz pour ses opérations, que ce soit pour la cuisson, la stérilisation ou le transport des produits. De plus, les emballages, souvent à base de plastique provenant du pétrole, ajoutent une pression supplémentaire sur les coûts.
En Europe, l’agriculture consomme près d’un quart de l’énergie du système alimentaire, ce qui rend les cultures comme le blé et le maïs particulièrement vulnérables. Ces céréales sont essentielles non seulement pour la consommation humaine, mais aussi comme aliment pour le bétail, ce qui diffuse les hausses de prix vers la viande et les œufs. Ce phénomène a été particulièrement visible au début de la guerre en Ukraine, lorsque les prix des denrées alimentaires ont explosé.
D’après des études macroéconomiques, chaque hausse de 10 € du baril de Brent entraîne environ 0,25 point d’inflation en France. Ainsi, avec un baril maintenant 20 euros au-dessus des niveaux de début d’année, plusieurs dixièmes de point pourraient s’ajouter aux 2,1 % d’inflation déjà enregistrés par l’Insee pour l’alimentaire.
Actuellement, le marché des céréales offre un soupçon de répit. Le prix mondial du blé a reculé d’environ 12 % depuis le début de 2026, atteignant une production record de 842 millions de tonnes. Ce constat est encourageant, car tant que le prix du blé reste bas, les impacts de la flambée des prix de l’énergie se feront surtout sentir sur les produits les plus énergivores, tels que les surgelés et les plats préparés.
Toutefois, la situation pourrait se compliquer si le prix du blé devait augmenter, en raison du coût des engrais ou de nouvelles tensions géopolitiques. Une hausse durable des coûts énergétiques pourrait alourdir les frais de production agricole, de transformation et de logistique. Si le blé devait suivre la même tendance que celle observée en 2022, alors les prix du pain, des pâtes et de la viande pourraient également flamber.
Les distributeurs, les industriels et les pouvoirs publics restent donc vigilants. La surveillance des marchés du blé ainsi que de la situation dans le détroit d’Ormuz est devenue cruciale pour anticiper d’éventuelles augmentations supplémentaires sur les prix des denrées alimentaires. Un scénario où l’énergie et les céréales augmentent simultanément pourrait se traduire par une hausse significative des coûts pour les consommateurs.