La hausse inquiétante du cancer du rectum chez les jeunes : les signes à surveiller

Le cancer du rectum, formant une part importante des cancers colorectaux, attire de plus en plus l’attention des professionnels de santé en raison de son augmentation chez les jeunes adultes. Une étude récente conduite par des chercheurs américains met en lumière cette tendance alarmante, soulignant l’urgence de sensibiliser le public aux symptômes associés.

EN BREF

  • Le cancer du rectum progresse rapidement chez les jeunes adultes.
  • Des symptômes tels que les saignements rectaux doivent alerter.
  • Le dépistage précoce est crucial, surtout pour ceux à risque.

Selon Mythili Menon Pathiyil, gastro-entérologue à l’université médicale SUNY Upstate, le cancer colorectal n’est plus une pathologie réservée aux personnes âgées. En effet, près de la moitié des nouveaux cas de cancer colorectal concernent des adultes de moins de 65 ans, un chiffre en forte augmentation par rapport aux années 1990. L’étude présentée lors du congrès Digestive Disease Week révèle que la mortalité liée au cancer du rectum augmente deux à trois fois plus vite que celle du cancer du côlon chez les jeunes adultes.

En France, la tendance est similaire. Entre 2000 et 2020, le risque de cancer colorectal a enregistré une hausse de 1,43 % par an chez les 15-39 ans, selon les données de Santé Publique France. Les jeunes doivent donc être particulièrement attentifs aux signes avant-coureurs de cette maladie.

Symptômes à surveiller

Le cancer du rectum, qui se développe dans la dernière partie du gros intestin, présente plusieurs symptômes dont il convient de se méfier. Les experts de l’Institut national du cancer (INCa) soulignent que les saignements rectaux et les modifications du transit intestinal peuvent souvent être interprétés à tort comme des hémorroïdes. Or, ces signes peuvent être des indicateurs sérieux de la maladie.

« Notre étude montre que le cancer du rectum contribue de manière significative à l’augmentation des cancers colorectaux. Si nous ne changeons pas nos pratiques de dépistage, la situation risque de s’aggraver », a déclaré Mythili Menon Pathiyil.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque liés à l’apparition du cancer du rectum sont multiples. L’âge demeure le principal critère, avec 90 % des patients diagnostiqués ayant plus de 50 ans. Toutefois, d’autres éléments de style de vie jouent un rôle prépondérant. Une alimentation riche en graisses animales et en viande rouge, le surpoids, la sédentarité, ainsi que la consommation d’alcool et de tabac sont autant de facteurs identifiés par l’INCa.

De plus, certaines maladies chroniques du système digestif, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, augmentent également le risque. Les antécédents familiaux de cancer colorectal doivent également être pris en compte, tout comme des prédispositions génétiques telles que le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse familiale.

Dépistage et prévention

En France, le dépistage organisé du cancer colorectal est accessible aux hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans. Ce dépistage repose sur un test immunologique simple, réalisable à domicile. Les personnes éligibles reçoivent tous les deux ans une invitation de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Celles-ci peuvent obtenir un kit de dépistage auprès de leur médecin, en pharmacie ou en ligne via le site dédié.

Pour les individus présentant des facteurs de risque génétiques ou familiaux, un dépistage plus précoce et personnalisé peut être proposé, permettant ainsi un suivi adapté dès avant 50 ans, selon les recommandations de la Fondation ARC.

La sensibilisation à ces questions est essentielle pour inverser la tendance actuelle. L’information sur les symptômes et le dépistage peut sauver des vies, notamment chez les jeunes adultes, qui doivent être encouragés à consulter un professionnel de santé en cas de doute.