Le ministre des Affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, a annoncé ce dimanche 22 février qu’il s’opposera à l’adoption du 20e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Cette décision est motivée par l’arrêt des livraisons de pétrole russe à travers l’oléoduc Droujba, essentiel pour Budapest.
EN BREF
- La Hongrie bloque le paquet de sanctions de l’UE contre la Russie.
- Peter Szijjarto exige la reprise des livraisons de pétrole via l’oléoduc Droujba.
- Le paquet de sanctions est le 20e depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Lors d’une déclaration sur Facebook, M. Szijjarto a précisé que la Hongrie ne soutiendrait pas les décisions des ministres des Affaires étrangères européens tant que les livraisons de pétrole ne seraient pas rétablies. « Nous bloquerons cette décision », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de cette question pour son pays.
Le 27 janvier dernier, des frappes russes ont endommagé l’oléoduc Droujba, qui transporte le pétrole russe à travers l’Ukraine, avant de se diriger vers la Slovaquie et la Hongrie. Cette situation a conduit à une interruption des livraisons, ce qui a suscité des inquiétudes au sein du gouvernement hongrois.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, l’Union européenne a imposé des sanctions sévères sur les importations de pétrole russe. Toutefois, l’oléoduc Droujba a bénéficié d’une exemption temporaire, permettant à la Hongrie de continuer à recevoir du pétrole par ce biais, malgré les pressions pour réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
Les nouvelles sanctions proposées par l’UE visent à renforcer les mesures contre le secteur bancaire et l’énergie en Russie, dans un contexte de tensions croissantes. Le 20e paquet de sanctions est un développement significatif, marquant une intensification des efforts européens pour faire pression sur Moscou.
Les relations entre la Hongrie et l’Ukraine ont été tendues ces derniers temps, notamment en raison des tensions politiques et économiques. La Hongrie a souvent exprimé son mécontentement face à la manière dont l’Ukraine gère les questions énergétiques et les infrastructures critiques. Szijjarto a clairement indiqué que tant que la situation n’est pas résolue, Budapest continuera à exercer son droit de veto sur les sanctions.
Ce blocage pourrait avoir des répercussions sur l’unité européenne face à la Russie. L’UE a fait de nombreux efforts pour agir de manière cohérente dans ses réponses aux actions russes, mais les différents intérêts nationaux peuvent parfois entraver cette solidarité.
Alors que la Hongrie maintient sa position, les autres États membres de l’UE doivent maintenant naviguer dans ces eaux troubles, cherchant à équilibrer leurs propres besoins énergétiques tout en soutenant des sanctions contre la Russie. La situation demeure donc extrêmement complexe, reflétant les défis auxquels l’Europe est confrontée dans sa réponse à la guerre en Ukraine.
Les discussions au sein de l’Union européenne sur ce paquet de sanctions devraient se poursuivre, mais l’issue reste incertaine, surtout avec cette opposition hongroise bien ancrée. Les enjeux énergétiques et politiques au sein de l’UE nécessiteront probablement des négociations continues pour parvenir à un consensus.