Les magasins André, emblème de la chaussure en France, ferment leurs portes après 130 ans d’existence. L’enseigne, fondée en 1896, vient d’être placée en liquidation judiciaire, une décision prononcée par le tribunal des activités économiques (TAE) de Paris le 9 septembre 2026. La conjoncture économique difficile et des problèmes de gestion ont conduit à cette issue fatidique.
EN BREF
- André, fondée en 1896, est en liquidation judiciaire et cesse ses activités.
- La marque, qui comptait 30 salariés, n’a pas pu être redressée financièrement.
- Des reprises précédentes n’ont pas suffi à sauver l’enseigne de la faillite.
Le processus de liquidation judiciaire de l’enseigne a été déclenché par une cessation de paiements. Actuellement, seulement 30 salariés sont encore en fonction, une ombre de ce qu’était autrefois la marque, qui avait célébré l’ouverture de son 500ᵉ magasin en 1983.
Les difficultés d’André s’inscrivent dans un contexte plus large, marqué par des défis économiques et des changements dans le secteur de la mode. La pandémie de Covid-19 a entraîné des fermetures massives, suivies par une flambée des prix des matières premières en raison de la guerre en Ukraine. Par ailleurs, la concurrence féroce de marques comme Shein, spécialisée dans la mode rapide, ainsi que celle de la seconde main représentée par Vinted, a également impacté les ventes d’André.
La marque André avait été rachetée en 2018 par Spartoo, un site de vente en ligne. Cependant, en 2020, alors qu’elle était déjà en difficulté, elle a été reprise par l’entreprise 1Monde9, dirigée par François Feijoo, ancien PDG de l’enseigne. Ce dernier a réduit le nombre de magasins, passant de 180 à une cinquantaine, dans une tentative de redresser la situation.
Malheureusement, la marque a connu un nouveau redressement judiciaire en 2023, avant d’être reprise par la société belge Optakare, dirigée par Karim Redjal. Ce dernier avait initialement engagé à maintenir 119 emplois et 21 boutiques. Cependant, la situation économique n’a pas permis de stabiliser l’entreprise, et en avril 2025, la société a de nouveau connu des difficultés financières majeures.
Karim Redjal avait tenté une nouvelle offre de reprise en début d’année 2026, mais cette initiative ne s’est pas concrétisée. Les problèmes de loyers élevés et une conjoncture morose ont rendu toute solution viable impossible. Le tribunal a donc décidé de mettre fin aux activités d’André, laissant derrière lui un héritage de 130 ans dans le secteur de la chaussure.
À l’heure actuelle, les magasins André sont appelés à fermer, à moins qu’un repreneur ne se manifeste pour sauver tout ou partie de l’activité. La marque elle-même pourrait également être reprise, mais les incertitudes demeurent quant à son avenir.
Les événements récents autour d’André illustrent les défis auxquels font face de nombreuses enseignes traditionnelles dans un monde en constante évolution. La fermeture de cette marque emblématique est un signal fort dans le paysage de la mode en France, où la lutte pour la survie devient de plus en plus difficile face à la concurrence numérique et aux changements de consommation.