La neuro-architecture, discipline émergente alliant neurosciences et architecture, propose de réinventer notre rapport à l’espace intérieur. À travers des recommandations pratiques, elle vise à améliorer notre bien-être et à transformer chaque pièce de notre maison en un lieu propice à la détente et à la sérénité. Fiona Beenkens, neuro-architecte et auteure, nous éclaire sur ce sujet fascinant.
EN BREF
- La neuro-architecture allie science et aménagement intérieur pour favoriser le bien-être.
- Chaque pièce doit être conçue pour apaiser le cerveau et réduire le stress.
- Les couleurs et l’agencement des espaces influencent directement notre état mental.
Depuis la pandémie de Covid-19, la perception de notre environnement domestique a évolué. Fiona Beenkens souligne que l’intérieur est devenu une bulle de protection, un refuge pour notre cerveau. En effet, lorsque nous entrons chez nous, nous relâchons la vigilance imposée par l’extérieur. La manière dont nous aménageons notre espace de vie peut avoir un impact significatif sur notre santé mentale.
Le salon : un espace de détente
Le salon est souvent considéré comme le cœur de la maison, le lieu où l’on se détend après une journée bien remplie. Beenkens insiste sur l’importance de l’emplacement du canapé. Celui-ci doit être orienté vers la porte d’entrée, permettant ainsi une vue dégagée et évitant les surprises désagréables. Un mur derrière le canapé est également essentiel pour créer un sentiment de sécurité. Si l’aménagement idéal est compromis par des éléments tels que des prises électriques ou des radiateurs, des fauteuils supplémentaires peuvent être ajoutés pour compléter l’espace.
En matière de hauteur sous plafond, les tendances actuelles privilégient les grands volumes qui, bien que spectaculaires, peuvent désorienter le cerveau. « Plus c’est haut, plus on a l’impression d’être à l’extérieur, » explique la spécialiste. La hauteur sous plafond est alors à réserver à des espaces comme le hall d’entrée, qui peuvent bénéficier d’une telle ouverture sans compromettre la sensation de sécurité dans des lieux de vie comme le salon.
La cuisine : un lieu de bien-être
La cuisine, souvent visible depuis le salon, peut être une source de tentation et de stress, surtout pour ceux qui luttent avec leur rapport à la nourriture. Beenkens recommande d’opter pour des séparations telles que des claustras pour éviter une visibilité directe sur cet espace. Le choix des couleurs y joue également un rôle crucial. Les teintes sombres comme le noir et le gris peuvent renforcer les pressions liées à l’alimentation, tandis que des couleurs comme le vert évoquent la santé et le bien-être.
Quant à l’îlot central, bien qu’il soit tendance, il peut devenir un point de désordre et de stress. Un aménagement réfléchi est essentiel pour maintenir une atmosphère apaisante.
La chambre : sanctuaire du repos
La chambre doit être un espace dédié au repos, exempt de distractions. Beenkens conseille d’éviter les éléments high-tech et de privilégier un aménagement qui favorise la tranquillité. « Il est préférable d’éviter d’avoir les pieds face à la porte, » précise-t-elle. Un mur plein derrière le lit apporte un sentiment de protection, et le choix des matériaux doit également être considéré pour éviter des impressions de menace.
Les couleurs douces, telles que le terracotta ou le rose, favorisent une ambiance chaleureuse et intime, essentielle pour favoriser le sommeil. À l’inverse, l’introduction d’éléments liés à l’eau, comme une salle de bain attenante, peut perturber cette intimité.
La salle de bain : un espace de ressourcement
La salle de bain, souvent négligée dans l’aménagement intérieur, doit également être conçue pour favoriser un état de bien-être. Les baignoires doivent être positionnées de manière à offrir une vue sur l’entrée, afin de réduire l’anxiété. Les couleurs comme le bleu et le vert évoquent la sérénité et la santé, tandis que les teintes sombres doivent être évitées.
Impact sur la santé mentale
Les choix décoratifs influencent directement notre état d’esprit. Une personne souffrant de dépression pourrait être attirée par des couleurs sombres, renforçant ainsi son état. À l’inverse, des couleurs lumineuses et chaleureuses peuvent favoriser une meilleure humeur et un sentiment de bien-être. La neuro-architecture nous rappelle que nos intérieurs doivent être un lieu de ressourcement, où chaque élément contribue à notre sérénité.
Pour conclure, adopter une approche neuro-architecturale dans l’aménagement de nos espaces de vie peut considérablement améliorer notre qualité de vie. En prenant en compte l’impact des couleurs, des matériaux et de l’agencement, il est possible de transformer nos maisons en véritables refuges de bien-être.