Le 17 octobre dernier, lors des manifestations à Amiens, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont suscité une vive polémique. Ces images montraient des fourgons de CRS stationnés devant la chocolaterie Trogneux, propriété de la famille de Brigitte Macron. Cette situation a été interprétée par certains comme un traitement de faveur accordé à l’épouse du président de la République. Face à ces accusations, la préfecture de la Somme a décidé de clarifier la situation.
EN BREF
- La préfecture de la Somme dément une protection spéciale pour la chocolaterie Trogneux.
- Des CRS étaient présents pour la sécurisation générale du centre-ville durant les manifestations.
- Des tensions autour de la chocolaterie ont été observées lors de précédentes mobilisations.
Les manifestations de ce jour-là ont attiré des milliers de personnes à Amiens, qui se sont rassemblées pour exprimer leur mécontentement face à la vie chère. Les vidéos montrant les CRS devant la chocolaterie ont rapidement attiré l’attention du syndicat de police Alliance, qui a interpellé Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. Dans un message fort, le syndicat a questionné l’égalité de traitement des Français face à la sécurité, en demandant : « Les Français ont-ils tous droit à la même protection ? »
En réponse à ces préoccupations, Le Canard Enchaîné a rapporté que la compagnie de CRS avait été envoyée spécifiquement pour veiller sur les établissements de la famille Macron, notamment ceux du frère de Brigitte à Amiens et au Touquet. Cependant, la préfecture a rapidement contredit cette version des faits. Dans un communiqué, elle a insisté sur le fait que les CRS étaient présents dans le cadre d’une opération de sécurité générale, précisant que « les véhicules de CRS ont été positionnés, sur le plan opérationnel, au milieu de l’artère piétonne, place Gambetta, ainsi qu’à proximité de la gare ». Cette décision a été justifiée par les « agissements violents » qui avaient été constatés pendant les manifestations.
Il est intéressant de noter que cette chocolaterie n’est pas étrangère aux tensions. En 2018, lors du mouvement des Gilets jaunes, le neveu de Brigitte Macron avait subi menaces et insultes, alimentées par des rumeurs affirmant que la chocolaterie appartenait en réalité à Emmanuel Macron. Cette situation avait conduit à des attaques physiques et verbales contre l’établissement, comme l’avait relaté le neveu dans une interview.
Plus récemment, au mois de mai 2023, Jean-Baptiste Trogneux, le fils de Jean-Alexandre Trogneux, a été agressé par plusieurs individus devant la chocolaterie, quelques heures après une allocution du président. Cette agression a eu des conséquences judiciaires, avec des condamnations allant de 12 à 15 mois de prison pour les assaillants. Brigitte Macron a alors pris des mesures pour renforcer la sécurité de sa famille, sensible aux menaces qui pèsent sur eux.
Alors que le débat sur le traitement réservé à la chocolaterie Trogneux se poursuit, la préfecture de la Somme a tenté de rétablir la confiance en précisant que les mesures de sécurité étaient prises pour protéger l’ensemble des commerces du centre-ville. Ce démenti souligne une volonté de transparence et d’équité dans le traitement des citoyens, au-delà des liens personnels qui unissent la famille Trogneux à la présidence.
La situation à Amiens met en lumière les enjeux de sécurité publique en période de tensions sociales, ainsi que les perceptions parfois biaisées qui peuvent en découler. À l’aube de nouvelles mobilisations, il est essentiel de garder à l’esprit les principes d’égalité et de justice pour tous les citoyens, indépendamment de leurs liens avec le pouvoir.