Depuis 2021, la rage fait son retour alarmant en Europe centrale, suscitant de vives inquiétudes parmi les autorités sanitaires. En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a récemment signalé une recrudescence des cas chez les animaux, liée à des facteurs géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine.
EN BREF
- Augmentation des cas de rage chez les animaux en Europe centrale depuis 2021.
- Deux variants du virus circulent, dont un nouvellement introduit.
- Le contexte de guerre en Ukraine perturbe les mesures de prévention.
Dans un communiqué publié le 10 juin, l’Anses a alerté sur la réapparition de la rage dans plusieurs pays de l’Europe centrale, après des décennies de recul. Les pays les plus touchés incluent la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie, où une augmentation significative des cas a été observée tant chez les animaux sauvages que domestiques.
Des analyses effectuées par le laboratoire de référence de l’Union européenne (LRUE), situé à Nancy, ont révélé la circulation de deux groupes de virus de la rage. L’un d’eux, identifié comme le groupe C, n’avait jamais été détecté auparavant dans l’Union européenne. Ce variant est généralement présent dans des régions éloignées, notamment dans le sud de la Russie et l’est de la Turquie.
Les autorités sanitaires soulignent que la majorité des cas recensés se trouvent à proximité des frontières avec l’Ukraine et la Moldavie. Emmanuelle Robardet, directrice du LRUE, a souligné que cette recrudescence de la rage illustre l’impact des conflits armés sur la santé et la faune sauvage. Avant le début de la guerre, le virus circulait déjà en Ukraine, mais le nombre de cas a considérablement augmenté depuis. La guerre perturbe les efforts de surveillance et de contrôle de la maladie, notamment en interrompant les campagnes de vaccination de la faune sauvage.
La vaccination des renards reste le moyen le plus efficace pour limiter la propagation de la rage. Grâce à ces efforts, la circulation du virus est désormais sous contrôle dans des pays comme la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie. Cependant, l’arrêt de ces campagnes en Roumanie suscite des inquiétudes quant à une potentielle augmentation des cas.
Il est à rappeler que la rage est une maladie extrêmement grave, presque toujours mortelle chez l’homme une fois les symptômes déclarés. En 2025, un homme en Roumanie a perdu la vie après avoir été infecté par un chien errant, représentant le premier décès humain dû à la transmission de la rage par un animal terrestre dans l’Union européenne depuis 2012.
L’Anses conclut que la coopération internationale est essentielle pour préserver les progrès réalisés et pour éliminer la rage en Europe. La situation actuelle soulève des questions sur la capacité à maintenir des mesures de prévention adéquates face à un environnement géopolitique instable.
Alors que la santé publique est mise à l’épreuve, il devient crucial de rétablir des programmes de vaccination efficaces afin de protéger non seulement les animaux, mais également la population humaine.