La revue médicale Prescrire a récemment lancé un cri d’alarme concernant le médicament nicorandil, recommandé pour traiter l’angor. Dans un courrier adressé à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à la Haute autorité de santé (HAS) le 9 mars 2026, elle appelle à son retrait immédiat du marché en France et ailleurs.
EN BREF
- La revue Prescrire demande le retrait du nicorandil en raison de ses effets indésirables graves.
- 62 cas d’ulcérations liés à ce médicament ont été signalés entre 2017 et 2024.
- Le nicorandil reste remboursé par la Sécurité sociale, exposant ainsi les patients à des risques.
Utilisé principalement pour traiter l’angor, le nicorandil est connu pour provoquer des ulcérations et d’autres complications graves. Ces effets secondaires ont conduit la revue à alerter les autorités sanitaires, insistant sur la nécessité de protéger les patients contre des conséquences potentiellement dévastatrices. Dans son courrier, Prescrire souligne que ce médicament doit être considéré comme un traitement de dernière intention et qu’il devrait être définitivement écarté des soins.
Dans son analyse, la revue rappelle que l’ANSM a déjà mis en garde contre les dangers du nicorandil à plusieurs reprises, notamment en 2012 et en 2015. Malgré ces alertes, le traitement continue d’être prescrit et remboursé, ce qui soulève des questions sur la gestion des risques associés. Selon les données fournies, près d’un million de boîtes de nicorandil ont été remboursées en 2024, touchant environ 71 000 patients.
En outre, Prescrire fait état de 62 cas d’ulcérations documentés entre 2017 et 2024, bien qu’elle estime que ce chiffre sous-estime la réalité de la situation en France. Elle appelle à des mesures plus strictes, affirmant que les patients continuent d’être exposés à un médicament qui pourrait leur faire perdre des chances de guérison.
La revue a également noté que la Commission de la transparence de la HAS avait maintenu son avis favorable sur la prise en charge du nicorandil en 2015, sans avoir depuis effectué une réévaluation approfondie. Cette absence de mise à jour soulève des préoccupations quant à la sécurité des patients qui prennent ce traitement.
Pour garantir la sécurité des usagers, l’ANSM a rappelé l’importance d’interrompre le traitement en cas de signes d’ulcérations, tels que des douleurs abdominales sévères ou des saignements. Ces ulcérations peuvent entraîner des complications graves, notamment des perforations et des hémorragies gastro-intestinales.
Face à ces enjeux, la revue Prescrire ne cache pas son inquiétude et appelle à une action rapide des autorités sanitaires. Dans un contexte où les patients méritent des traitements sûrs et efficaces, le nicorandil apparaît comme un médicament à écarter pour préserver la santé publique.
Alors que la communauté médicale se penche sur cette question, les décisions à venir des autorités de santé seront déterminantes pour l’avenir du nicorandil en France et ailleurs. Les patients et les professionnels de santé attendent des réponses claires et des mesures adaptées pour garantir une meilleure sécurité thérapeutique.