Le porte-parole iranien de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, a vivement réagi ce lundi 10 août aux récentes déclarations du président américain Donald Trump. Ce dernier avait comparé le conflit au Moyen-Orient à une « partie d’échecs », une analogie qui n’a pas manqué d’agacer les responsables iraniens.
EN BREF
- Esmaïl Baghaï défend les compétences diplomatiques des Iraniens.
- Le conflit au Moyen-Orient, déclenché par une offensive américano-israélienne, s’enlise.
- L’Iran engage des discussions indirectes avec les États-Unis via des intermédiaires.
Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire à Téhéran, Baghaï a insisté sur le fait que « les Iraniens sont des joueurs d’échecs professionnels ». Cette déclaration fait écho à une période où les compétences en matière de négociation sont cruciales, notamment face à la complexité des relations internationales actuelles.
La guerre au Moyen-Orient, qui a été déclenchée par une offensive américano-israélienne le 28 février, est désormais dans une impasse. Un protocole d’accord avait été signé entre Téhéran et Washington mi-juin, mais celui-ci a été rompu début juillet. Depuis, Trump a du mal à répondre aux demandes du gouvernement iranien, qui a acquis une expertise dans l’art de la négociation au fil des années.
Lors d’une interview accordée au média Axios, Trump a exprimé son optimisme en affirmant : « Ça va s’arranger. Ça finit toujours par s’arranger ». Il a réitéré sa comparaison en déclarant que la situation était semblable à une partie d’échecs. Cependant, cette analogie ne semble pas convaincre les responsables iraniens, qui préfèrent aborder la question sous un angle plus pragmatique.
Baghaï a également averti : « Vous ne devez pas espérer ne pas vous salir quand vous vous battez avec des cochons. Après tout, cela fait parfois partie du combat qui vous est imposé ». Cette métaphore souligne la détermination de l’Iran à défendre ses intérêts malgré les tensions croissantes.
Il a par ailleurs précisé qu’il n’y avait pas de « négociation directe » en cours avec les États-Unis, mais uniquement des « échanges de messages » via des intermédiaires. Les discussions ne pourront reprendre que lorsque les États-Unis mettront fin à leurs « violations » du protocole d’accord, un point de blocage essentiel dans les pourparlers.
Baghaï a insisté sur le fait que tant que les violations se poursuivront, les conditions nécessaires à la mise en place d’un trafic maritime international sécurisé ne seront pas réunies. Actuellement, l’Iran contrôle le stratégique détroit d’Ormuz, tandis que Washington impose un blocus sur les ports iraniens, ce qui complique encore davantage la situation.
Dans ce contexte, la diplomatie iranienne se concentre sur des discussions avec Oman, visant à établir un futur itinéraire de transit dans le détroit. Baghaï a évoqué la nécessité de traiter plusieurs « points techniques » et de mettre en place des « mécanismes » pour assurer la sécurité et la propreté de la voie maritime. « En règle générale, lorsque vous fournissez des services maritimes, vous recevez forcément quelque chose en retour », a-t-il ajouté.
En somme, l’Iran semble déterminé à ne pas revenir à la situation d’avant-guerre et souhaite instaurer un système où le passage maritime serait réglementé, malgré l’opposition des États-Unis et de nombreux pays, ainsi que les prescriptions du droit international de la mer.