La SPA face à une hausse alarmante des abandons d’animaux en 2023

Les refuges de la Société Protectrice des Animaux (SPA) se retrouvent confrontés à un afflux croissant d’animaux abandonnés. Depuis le début de l’année, les abandons ont augmenté d’environ 10 %, avec une tendance similaire observée en juin par rapport à l’année précédente. Cette situation préoccupante est largement attribuée à l’arrivée massive de chatons, comme l’explique Jacques Gauchy, président de la SPA.

EN BREF

  • Les abandons d’animaux ont augmenté de 10 % depuis le début de l’année.
  • Les refuges accueillent de plus en plus de chiens suite à des saisies pour maltraitance.
  • La SPA adapte ses pratiques pour faire face à la chaleur estivale.

Jacques Gauchy souligne que la période actuelle coïncide avec la reproduction des chats. « Un chat et une chatte peuvent donner naissance à 21.000 chats en quatre ans si tous les chatons survivent », avertit-il lors de son intervention sur RMC. De nombreux chatons sont abandonnés à la porte des refuges, souvent encore non sevrés, ce qui aggrave la situation déjà tendue.

En parallèle, les refuges constatent une hausse du nombre de chiens accueillis, en grande partie en raison de saisies liées à des cas de maltraitance. Gauchy précise que cette augmentation de 16 % ne signifie pas nécessairement une augmentation des mauvais traitements, mais plutôt une meilleure réactivité grâce à un réseau d’enquêteurs bénévoles en pleine expansion. « Nous avons maintenant 1.000 délégués à travers le pays », déclare-t-il.

Les interventions pour retirer des animaux maltraités, souvent en collaboration avec les forces de l’ordre, sont de plus en plus fréquentes. Par exemple, récemment dans l’Indre, 70 chiens ont été saisis. « La situation est un mélange de facteurs », résume Gauchy. L’afflux constant d’animaux entraîne une saturation des refuges, qui doivent désormais faire face à des conditions de vie difficiles pour les animaux.

Pour pallier les fortes chaleurs estivales, la SPA a mis en place des mesures adaptées pour assurer le bien-être des animaux. Des brumisateurs ont été installés dans les box des chiens, et des sorties sont organisées plus tôt dans la journée pour éviter la chaleur excessive. De plus, des friandises glacées sont distribuées pour aider les animaux à se rafraîchir. « Nous n’avons enregistré aucun décès d’animaux en refuge dû à la canicule », précise le président de la SPA.

Jacques Gauchy rappelle également les coûts liés à la détention d’un animal. Un chien représente un coût d’environ 1.000 euros par an, tandis qu’un chat coûte environ 780 euros, sans compter les frais vétérinaires. « Adopter un animal est une responsabilité. Le choix doit être réfléchi et adapté au mode de vie de la personne », insiste-t-il.

Il dénonce également les achats impulsifs lors des salons du chiot, appelant à une interdiction de ces événements, qui incitent souvent à des décisions hâtives. « Les gens se présentent avec leurs enfants et, sous pression, finissent par adopter un animal sans se soucier de leur compatibilité », déplore-t-il.

Concernant l’idée d’introduire un permis de détention pour les propriétaires de chiens, comme en Autriche, Gauchy se montre prudent. Bien que la SPA ne soit pas opposée à des mesures plus strictes, il souligne que leur efficacité dépendrait de la mise en place de contrôles et de sanctions adéquates.

Il est important de rappeler que l’abandon d’un animal est une infraction punie par la loi, pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. « La réglementation est en place et les peines sont proportionnées, mais le véritable défi reste leur application », conclut Jacques Gauchy.