Le tribunal judiciaire de Paris s’apprête à examiner, ce 9 mars, la succession d’Alain Delon, décédé le 18 août 2024. Près de deux ans après sa disparition, ses enfants, Anthony, Anouchka et Alain-Fabien, se disputent un patrimoine évalué à 50 millions d’euros. Cette nouvelle audience, prise dans le cadre d’une procédure civile, promet d’être un moment clé dans la gestion de l’héritage de l’illustre acteur.
EN BREF
- Nouvelle audience sur la succession d’Alain Delon prévue le 9 mars.
- Les enfants se disputent un héritage de 50 millions d’euros.
- Les avocats échangeront sur la validité de testaments et donations.
En 2015, un premier testament avait attribué 50 % de la fortune à Anouchka et 25 % à chacun de ses deux frères. Cependant, un second testament, daté du 24 novembre 2022, ainsi qu’une donation de février 2023, ont modifié cette répartition en renforçant la position de la benjamine. Ce lundi, les avocats des enfants Delon seront présents pour discuter des conclusions et des pièces à apporter au dossier, sans que les enfants eux-mêmes ne soient présents.
L’audience est qualifiée de « relais » ou de « mise en état ». Elle ne devrait pas aboutir à un verdict immédiat concernant la validité du testament de 2022 ou de la donation de 2023. En effet, cette étape vise à organiser le débat qui, par la suite, déterminera l’avenir de la succession d’Alain Delon.
La procédure a été engagée le 29 août 2025 par Alain-Fabien Delon, qui conteste deux documents. Le testament de 2022 confie à Anouchka le droit moral de son père, tandis que la donation de février 2023 lui a attribué 51 % des parts d’Alain Delon International Distribution (ADID), la société gestionnaire des droits à l’image de l’acteur. Le testament de 2015, quant à lui, n’est pas remis en cause.
Alain-Fabien Delon soutient que son père n’était plus en état de signer ces documents, s’appuyant sur des rapports médicaux de 2019 évoquant des « troubles cognitifs » et affirmant qu’il ne disposait plus du discernement nécessaire. L’expertise du docteur Campbruni, réalisée en août et septembre 2019, avait déjà mis en lumière un début de troubles cognitifs chez l’acteur. Un rapport d’expertise de juillet 2023 décrit une « altération majeure » de sa santé mentale, le plaçant dans une situation de dépendance.
En parallèle, le 4 avril 2024, le tribunal de Montargis a placé Alain Delon sous une curatelle renforcée, une mesure jugée sévère par son avocat, Frank Berton, qui a qualifié cette situation d’« humiliante ». De son côté, Laurence Bedossa, l’avocate d’Anthony Delon, parle de la mesure comme étant « violente ».
Du côté d’Anouchka, ses proches rappellent que l’acteur semblait alerte lors de ses apparitions publiques, notamment lors d’une interview sur TV5 Monde en 2021 et lors d’un échange télévisé avec Volodymyr Zelensky en septembre 2022. Ces témoignages illustrent deux visions contradictoires du même père.
Pour l’heure, l’audience de relais est surtout une étape préparatoire avant la grande plaidoirie qui décidera du maintien ou de l’annulation de ces actes contestés. La fratrie Delon devra également se retrouver le 17 mars devant le tribunal correctionnel de Paris pour une autre affaire, liée à un enregistrement privé.