La taxe sur les petits colis réduit la consommation des Français sur les plateformes asiatiques

Un an après le scandale des poupées pédopornographiques sur Shein, le gouvernement français se félicite des résultats de sa lutte contre les dérives des plateformes asiatiques. Selon ses déclarations, la mise en place d’une taxe de 3 euros sur chaque colis importé d’une valeur inférieure à 150 euros, entrée en vigueur le 1er juillet, a conduit à une baisse significative des volumes de petits colis en provenance de Chine.

EN BREF

  • La taxe sur les petits colis a entraîné une chute de 48 % des montants de TVA déclarés.
  • Les commandes sur des sites comme Shein, Temu et AliExpress ont fortement diminué.
  • Le gouvernement annonce des efforts continus pour renforcer les contrôles douaniers.

Mercredi, lors d’une conférence de presse au ministère de l’Économie, le cabinet du ministre de l’Action et des Comptes publics a révélé que le nombre de petits colis expédiés vers la France avait diminué de manière drastique entre juin et août, avec des chiffres montrant une chute de près de la moitié des montants de TVA déclarés.

Des témoignages de consommateurs, comme celui de Manon, une lycéenne habituée à commander sur ces plateformes, illustrent ce changement. « Je commandais beaucoup, surtout des accessoires, des vêtements. Mais avec les taxes, les prix ont grimpé. Si c’est pour payer 20 euros les faux cils, j’ai arrêté de commander », a-t-elle confié à RMC.

Priscilla, mère de famille, partage une expérience similaire. « Au départ, c’était attractif à cause des petits prix, mais avec les nouvelles taxes, cela revient à acheter en magasin. Cela n’a plus d’intérêt. » Cependant, d’autres, comme Victoria, continuent de passer des commandes sur Temu, tout en surveillant l’évolution des frais. « Si ça devient trop cher, je retournerai vers les magasins », affirme-t-elle.

Les frais supplémentaires ne se limitent pas à la taxe de 3 euros. À partir du 1er novembre, des frais de traitement de 2 euros s’ajouteront, destinés à financer le renforcement des contrôles douaniers. Cette mesure vise à répondre à la multiplication des colis, qui complique la surveillance des produits importés, souvent dangereux ou contrefaits.

Un auditeur livreur, Mimed, a exprimé ses inquiétudes sur l’impact de ces taxes sur son travail. « Je vois directement l’impact sur les livraisons. Avec la taxe européenne, je crains de perdre mon emploi », a-t-il déclaré sur le plateau d’Estelle Midi.

Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, a également commenté cette situation, soulignant que cette évolution pourrait bénéficier aux magasins français. « Il reste toutefois des défis à relever concernant la responsabilité des plateformes pour garantir la conformité de leurs produits », a-t-il déclaré.

Le ministre du Commerce, Serge Papin, a révélé que la fréquentation des sites Shein, Temu et AliExpress avait chuté de 42 %, 36 % et 10 % respectivement en juillet, et a noté une baisse des ventes en valeur d’environ 25 % en septembre. « Ces chiffres envoient des messages forts », s’est réjoui le ministre, tout en admettant qu’il reste du travail à accomplir.

En effet, la situation reste préoccupante. En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne, soit plus de 180 chaque seconde, avec 93 % d’entre eux en provenance de Chine. Les autorités et les entreprises européennes continuent d’exiger des mesures pour garantir la sécurité des consommateurs et la conformité des produits importés.

En conclusion, les mesures fiscales récemment mises en place semblent avoir un impact immédiat sur les habitudes de consommation des Français, tout en soulevant des questions sur l’avenir des plateformes asiatiques sur le marché européen.