L’AIE mobilise 400 millions de barils pour contrer la hausse des prix du pétrole

Le mercredi 10 mars 2026, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont pris une décision historique en débloquant massivement leurs réserves stratégiques de pétrole. Cette initiative vise à atténuer la flambée des prix du brut, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, notamment par la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage clé pour le transport maritime des hydrocarbures.

EN BREF

  • Les pays de l’AIE libèrent 400 millions de barils de pétrole face à la hausse des prix.
  • Cette décision est le plus important déblocage de l’histoire de l’agence.
  • Le G7 assure un soutien coordonné pour la libre circulation des navires dans le Golfe.

Selon Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, cette libération de 400 millions de barils vise à compenser la perte d’approvisionnement due à la situation tendue dans le Golfe. Ce déblocage représente environ 20 jours de consommation à travers le détroit d’Ormuz, qui est crucial pour les échanges mondiaux de pétrole.

Les membres du G7, dont la France, les États-Unis et l’Allemagne, se sont réunis en visioconférence pour discuter des mesures à prendre face à cette crise. Emmanuel Macron a salué ce déblocage comme un signal fort pour faire baisser les prix mondiaux, tout en appelant à éviter toute restriction à l’export. La décision a été prise à l’unanimité, soulignant la nécessité d’une action collective des pays riches face à l’incertitude géopolitique actuelle.

Prioritairement, Tokyo et Berlin ont annoncé leur intention de puiser dans leurs réserves avant même l’accord commun. Cette initiative témoigne d’une volonté de réagir rapidement à la situation, face à la flambée des prix du carburant qui a touché de nombreux pays.

La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février avec des frappes israélo-américaines sur l’Iran, a entraîné la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième de la production mondiale de pétrole. Cette situation a engendré une hausse significative des prix, atteignant près de 120 dollars le baril.

En parallèle, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d’une coordination maritime pour assurer la sécurité des navires dans le détroit, bien qu’il ait averti que les conditions ne sont pas encore réunies pour une telle opération. La militarisation du détroit reste une préoccupation majeure, soulignant les tensions persistantes dans la région.

Le président français a également précisé que les sanctions contre la Russie, en lien avec son action en Ukraine, demeurent en vigueur, malgré les suggestions de Donald Trump d’assouplir ces mesures pour réduire les prix. Cette position a été confirmée par les dirigeants du G7, qui ont convenu que la situation sur le marché pétrolier ne justifie pas un tel changement.

Cette décision historique de l’AIE, prise après des réunions préparatoires de haut niveau, illustre l’importance d’une réponse coordonnée face à des défis globaux. Alors que les marchés restent instables, le soutien des pays membres de l’AIE pourrait jouer un rôle déterminant dans la stabilisation des prix du pétrole dans les semaines à venir.