Laits infantiles : un rapport parlementaire dénonce des lacunes dans la gestion de la crise

La gestion de la crise des laits infantiles a soulevé des interrogations majeures sur l’efficacité des autorités françaises et des industriels concernés. Un rapport parlementaire, publié ce mardi, met en lumière des « lacunes » qui doivent être prises en compte pour mieux faire face à des situations similaires à l’avenir.

EN BREF

  • Un rapport parlementaire critique la gestion de la crise des laits infantiles.
  • Des rappels de produits par plusieurs industriels à cause d’une contamination potentielle.
  • Douze recommandations proposées pour éviter des crises similaires à l’avenir.

Cette crise a débuté en décembre 2025, lorsque la société Nestlé a procédé au rappel de plusieurs lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays. La raison de ce rappel ? La présence potentielle de céréulide, une toxine redoutée pour sa capacité à provoquer des vomissements dangereux chez les nouveau-nés. Le phénomène s’est ensuite amplifié avec des rappels de la part d’autres industriels tels que Danone et Lactalis, ainsi que de petits acteurs du secteur, tous concernés par un même ingrédient : une huile riche en acide arachidonique (ARA) fournie par un sous-traitant chinois.

Les familles et associations ont rapidement dénoncé le fait que les fabricants avaient tardé à procéder à ces rappels. Ils ont aussi critiqué l’État français pour s’être trop reposé sur la bonne volonté des industriels. La députée Mathilde Hignet (LFI-NFP), co-rapporteure de ce rapport, a déclaré : « Si l’impact épidémiologique de cette crise semble aujourd’hui limité, cet événement met en lumière des lacunes qu’il est impératif de prendre en compte pour l’avenir. »

Le rapport évoque une chronologie alarmante dans la gestion de cette crise. Après que Nestlé a découvert la contamination le 24 décembre, l’information n’a été transmise aux industriels qu’au 30 décembre, puis aux autorités françaises le 5 janvier. Les rapporteurs soulignent également les doutes concernant la réalité des contrôles effectués par le fournisseur chinois et critiquent les moyens limités des autorités de contrôle, qui se reposent de plus en plus sur les auto-contrôles des industriels.

Les rapporteurs se sont également interrogés sur la nécessité d’un rappel immédiat de tous les lots contenant l’huile ARA, plutôt que d’attendre les résultats des analyses. Ils déplorent que la communication des autorités ait été « relativement tardive », prenant « 17 jours » pour alerter l’ensemble des professionnels de santé.

Quant aux conséquences sanitaires, elles demeurent incertaines. Les autorités sanitaires françaises ont initialement signalé trois décès de bébés ayant consommé un lait rappelé. Cependant, pour deux d’entre eux, à Angers et Bordeaux, la responsabilité du lait a été écartée.

Pour anticiper de futures crises, les rapporteurs formulent douze recommandations. Parmi celles-ci, un meilleur encadrement des matières ajoutées comme l’huile ARA est proposé. Ils suggèrent également de renforcer les contrôles indépendants, en les faisant financer par les industriels, ainsi que d’améliorer les procédures d’alerte lorsqu’un aliment destiné aux enfants est concerné.

Ce rapport met donc en évidence des points critiques dans la gestion de crises alimentaires, particulièrement sensibles lorsqu’il s’agit de la santé des plus jeunes. Les recommandations formulées pourraient être déterminantes pour éviter de telles situations à l’avenir.