Laurent Nuñez défend les forces de l’ordre après les manifestations du 17 octobre

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est exprimé ce lundi sur les violences survenues lors des manifestations des 17 et 18 octobre 2026. Malgré des critiques croissantes sur la répression policière, il a refusé de présenter des excuses, même envers les manifestants pacifiques.

EN BREF

  • Laurent Nuñez défend l’action des forces de l’ordre lors des manifestations.
  • Entre 550 000 et 800 000 manifestants, principalement pacifiques, ont défilé.
  • Le président Macron a refusé la démission du ministre, soulignant des défaillances d’anticipation.

Les manifestations de ce week-end, qui ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs grandes villes, ont été marquées par des débordements. Selon les chiffres officiels, le gouvernement a évalué entre 550 000 et 800 000 le nombre de participants, dont une majorité d’entre eux a manifesté dans le calme. Cependant, la réponse des forces de l’ordre a été vivement critiquée, de nombreux témoignages faisant état d’une violence disproportionnée.

Laurent Nuñez, invité sur France Inter, a fermement défendu l’action des forces de l’ordre. « Non, non. Pardon mais je ne vais pas dire pardon », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que les forces de l’ordre avaient permis aux manifestants de s’exprimer. « Ils ont pu manifester parce qu’il y avait les forces de l’ordre », a-t-il ajouté, tout en évoquant les 2400 interpellations effectuées au cours des événements.

Les témoignages des manifestants sont accablants. Beaucoup parlent d’une répression brutale, évoquant des scènes de gazage et de parquage dans les rues. L’un des épisodes les plus tragiques a été la blessure grave d’une jeune fille de 17 ans, qui a perdu un œil, ainsi qu’un autre adolescent ayant perdu sa main à Saint-Étienne. Ces incidents ont suscité une indignation croissante au sein de la population.

La position de Laurent Nuñez sur les manifestants pacifiques a également suscité des critiques. « Qu’il y ait eu des débordements pas contenus, c’est ma responsabilité. Mais on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas pu manifester normalement. J’en ai marre d’entendre dire ça », a-t-il insisté, montrant sa détermination à maintenir le cap malgré les pressions.

Le président Emmanuel Macron, pour sa part, a refusé la démission de Nuñez, soulignant la nécessité d’un « commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel ». Toutefois, il a reconnu des « défaillances d’anticipation et de renseignements » qui auraient pu éviter les violences et les émeutes qui ont éclaté lors des manifestations.

Cette situation soulève des questions cruciales sur la gestion des manifestations en France et sur la manière dont les forces de l’ordre interagissent avec les citoyens lors d’événements de grande envergure. Les débats sur la sécurité publique et les droits de manifester s’intensifient, appelant à une réflexion profonde sur les stratégies à adopter pour garantir à la fois la sécurité et la liberté d’expression.

Alors que les événements de ce week-end continuent de faire couler beaucoup d’encre, la responsabilité des autorités face aux violences policières et aux droits des manifestants est plus que jamais au cœur des préoccupations de la société française.