Laurent Nuñez dévoile le projet de loi « Ripost » contre la délinquance et le protoxyde d’azote

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté ce mardi 24 mars 2026 sur le plateau de TF1 les contours de son projet de loi intitulé « Ripost ». Ce texte, qui sera soumis en conseil des ministres ce mercredi, vise à renforcer l’autorité de l’État face à la délinquance et à la criminalité organisée. Son inscription à l’ordre du jour du Parlement est prévue avant l’été, avec un objectif d’adoption d’ici l’automne.

EN BREF

  • Le projet de loi « Ripost » vise à lutter contre la délinquance, notamment le protoxyde d’azote.
  • Trois nouveaux délits seront créés, encadrant la vente de protoxyde d’azote et durcissant les sanctions pour rodéos urbains.
  • Des mesures de vidéoprotection seront expérimentées et les gardes à vue étendues pour la criminalité organisée.

Ce projet de loi ambitionne de créer un véritable « choc d’autorité », en réponse à la consommation croissante de substances comme le protoxyde d’azote et aux rodéos motorisés qui troublent l’ordre public. Laurent Nuñez a souligné que la lutte contre ces phénomènes nécessite des mesures strictes et efficaces.

En ce qui concerne le protoxyde d’azote, qui connaît une consommation exponentielle, le ministre a annoncé la mise en place de trois nouveaux délits. La vente de cette substance sera désormais strictement encadrée, avec des sanctions pour les contrevenants. Les établissements qui ne respecteront pas la législation pourront faire face à des fermetures administratives.

Les rodéos motorisés, souvent associés à des comportements dangereux et à des affrontements avec les forces de l’ordre, seront également au cœur de ce projet de loi. Une amende forfaitaire de 800 euros sera instaurée, accompagnée d’une interdiction administrative de conduire tout véhicule terrestre motorisé, y compris ceux ne nécessitant pas de permis.

En matière de lutte contre la consommation de drogue, Laurent Nuñez a annoncé une augmentation de l’amende forfaitaire à 500 euros, déjà évoquée par le président Emmanuel Macron. Les personnes verbalisées à plusieurs reprises pourraient voir leur permis de conduire annulé, mais cela nécessitera une convocation devant une commission médicale.

Le ministre a également évoqué des mesures visant à lutter contre la violence dans les stades. L’interdiction administrative sera étendue aux cas d’incitation à la haine et à la discrimination, prenant effet 24 heures avant et se terminant 24 heures après les événements sportifs.

Le projet de loi « Ripost » contient également des dispositions pour lutter contre le squat dans les meublés de tourisme, en permettant l’évacuation forcée des squatteurs, une mesure déjà prévue par la loi Kasbarian de 2023.

Le second volet de ce texte se concentrera sur l’« efficacité » des forces de l’ordre. Ainsi, l’expérimentation de la vidéoprotection augmentée, intégrant des caméras algorithmiques sans reconnaissance faciale, sera prolongée jusqu’au 31 décembre 2030. Cette technologie sera déployée dans des lieux sensibles, notamment ceux susceptibles d’être ciblés par des attaques terroristes.

Enfin, plusieurs mesures visant à renforcer la lutte contre la criminalité organisée seront mises en place. Cela inclut l’extension de la durée des gardes à vue de 48 à 72 heures pour les affaires de criminalité organisée financière, ainsi que l’autorisation de la lecture automatique des plaques d’immatriculation par les forces de l’ordre, avec la conservation des données pendant un an.

Ce projet de loi « Ripost » marque un tournant dans la politique de sécurité du gouvernement, avec des mesures destinées à restaurer l’autorité de l’État face à des phénomènes de plus en plus préoccupants.