Le cancer colorectal, qui englobe les cancers du côlon et du rectum, ne cesse de croître chez les jeunes adultes, posant un réel défi de santé publique. Chaque année, en France, plus de 47 500 personnes sont diagnostiquées avec cette maladie, faisant du cancer colorectal la deuxième cause de décès par cancer dans le pays, selon l’Institut national du cancer (INCa).
EN BREF
- Le cancer colorectal augmente particulièrement chez les jeunes adultes de moins de 65 ans.
- Aux États-Unis, 45 % des nouveaux cas concernent des adultes de moins de 65 ans.
- Des facteurs de risque modifiables sont en grande partie responsables de cette hausse.
Traditionnellement, le cancer colorectal touchait principalement les personnes de plus de 50 ans, avec un âge moyen de diagnostic de 71 ans pour les hommes et 72 ans pour les femmes. Cependant, des études récentes, notamment celles publiées par Santé publique France, révèlent une tendance inquiétante : entre 2000 et 2020, l’incidence de ce cancer a augmenté de 1,43 % par an chez les jeunes âgés de 15 à 39 ans.
Un rapport de l’American Cancer Society (ACS) met également en lumière cette problématique aux États-Unis, où le cancer colorectal diminue chez les personnes âgées, mais augmente chez les moins de 65 ans, en particulier chez les jeunes adultes. Ce phénomène est largement attribué à l’augmentation des tumeurs du côlon distal et du rectum. D’après les données, près de la moitié (45 %) des nouveaux cas de cancer colorectal aux États-Unis concernent désormais des adultes de moins de 65 ans, contre seulement 27 % en 1995.
Les chercheurs soulignent que l’augmentation est particulièrement marquée chez les 20-49 ans, avec une incidence croissant de 3 % par an dans cette tranche d’âge. Le cancer du rectum, en particulier, représente désormais 32 % des diagnostics de cancer colorectal, en hausse par rapport à 27 % au milieu des années 2000.
“Après des décennies de progrès, le risque de décès par cancer colorectal augmente chez les jeunes générations, confirmant une réelle recrudescence de la maladie.”
Rebecca Siegel, directrice scientifique à l’ACS, évoque une dynamique préoccupante, en appelant à une intensification des efforts de recherche pour mieux comprendre les causes sous-jacentes de ce phénomène. Elle insiste également sur l’importance du dépistage précoce et de l’information sur les symptômes pour réduire le nombre de décès.
En France, le dépistage organisé du cancer colorectal cible les personnes âgées de 50 à 74 ans, avec un test simple à réaliser à domicile. Les invitations à participer à ce dépistage sont envoyées tous les deux ans par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). En revanche, des dépistages individuels sont recommandés pour les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, permettant de détecter la maladie plus tôt.
Les professionnels de santé et le grand public doivent être sensibilisés à des signes d’alerte tels que des changements persistants dans le transit intestinal, la présence de sang dans les selles, ou des symptômes généraux comme une fatigue inexpliquée. Ces éléments doivent inciter à consulter un médecin, quel que soit l’âge.
Aux États-Unis, l’âge de début du dépistage a été abaissé à 45 ans en 2021, une décision qui reflète la nécessité d’une action proactive face à cette hausse alarmante des cas, notamment chez les jeunes.
Il est crucial de continuer à surveiller cette tendance, d’intensifier la recherche et de promouvoir des comportements de santé préventifs pour inverser cette dynamique préoccupante. La sensibilisation et le dépistage précoce pourraient faire la différence dans la lutte contre le cancer colorectal, particulièrement chez les jeunes adultes.