Le cheval bâton, une discipline en plein essor en Finlande

Depuis une décennie, un phénomène insolite prend de l’ampleur en Finlande : le cheval bâton. Bien que cette pratique ne soit pas reconnue comme un véritable sport, elle attire chaque année de plus en plus de passionnés, en particulier parmi les jeunes filles. L’édition de ce sport ludique se tient régulièrement à travers des championnats, et la dernière compétition a rassemblé un public enthousiaste.

EN BREF

  • Le cheval bâton attire principalement des jeunes filles âgées de 10 à 20 ans.
  • Le 11e championnat finlandais a eu lieu à Seinäjoki avec 260 participants et 1900 spectateurs.
  • La discipline, bien que non officielle, se développe et rêve de championnats du monde.

Le spectacle est saisissant : des cavaliers, fermement agrippés à leurs rênes, s’élancent à l’assaut d’obstacles avec un bâton coiffé d’une tête de cheval en peluche. Ce sport, initié par un groupe de jeunes finlandais il y a plus de dix ans, a su se faire une place dans le cœur des amateurs d’équitation, malgré les moqueries dont il est parfois l’objet.

Lors des derniers championnats, qui se sont déroulés à la mi-juin 2024, l’arène vibrait au rythme des sauts et des encouragements du public. Ces compétitions, qui se tiennent à la fois à l’échelle locale et nationale, ont vu la participation de 260 cavaliers issus de 21 pays, allant de l’Argentine aux États-Unis. Julia Mikkonen, présidente de l’association finlandaise de cheval bâton, s’est réjouie de cet engouement croissant : « C’est la plus grande compétition jamais vue pour cette activité, et elle se développe d’année en année ».

Bien que l’activité puisse sembler loufoque au premier abord, elle exige des compétences athlétiques considérables. Les participants doivent être capables de sauter des obstacles tout en maintenant l’équilibre sur leur bâton. La formation physique des meilleurs compétiteurs ressemble à celle de coureurs de haies ou de gymnastes, comme le souligne une jeune compétitrice : « La mobilité de vos hanches doit être absolument démente ».

Au-delà des performances sportives, le cheval bâton est également un moyen d’expression artistique. Les cavaliers investissent beaucoup de temps et de passion dans la création de leurs chevaux, utilisant des tissus variés et personnalisant leurs bâtons avec soin. Nara Arlin, une compétitrice de 24 ans, explique : « Les chevaux bâtons sont un art ». Elle a commencé cette activité dans son enfance, mais au fil des années, elle a transformé son passe-temps en une véritable discipline sportive.

Le cheval bâton, souvent considéré comme un sport de filles, est en réalité ouvert à tous. Julia Mikkonen souligne que la communauté est accueillante et que les valeurs d’inclusion sont essentielles. À l’image des drapeaux arc-en-ciel qui ornent les murs de l’arène, cette discipline prône l’acceptation et la diversité.

Malgré le sérieux des compétitions, les pratiquants de cheval bâton ont souvent dû faire face à des moqueries. Nara Arlin confie : « Nous avons dû faire face à tant de harcèlement et de jugement. Je pense que c’est la principale chose qui nous unit ». Les passionnés rêvent d’un futur où des championnats du monde pourraient voir le jour, mais pour l’instant, leur attention se concentre sur la pérennisation des événements nationaux en Finlande.

Jojo Hanninen, 19 ans, a récemment brillé lors d’une épreuve de dressage. « Je suis encore un peu essoufflée, mais je suis contente de ma performance », confie-t-elle. Pour elle, l’expérience est unique : « Mes jambes sont celles du cheval, et le haut de mon corps est le mien. Je suis à la fois cheval et humain ». Son cheval bâton, nommé « Toope », arbore une crinière scintillante agrémentée de rubans roses, ajoutant une touche de fantaisie à la compétition.

Alors que le cheval bâton continue de séduire de nouveaux adeptes, cette discipline ludique et créative montre qu’il est possible de concilier performance sportive et plaisir, tout en cultivant un esprit communautaire fort et inclusif.