Le cortisol : une hormone essentielle qui ne doit pas être éliminée

De nos jours, le cortisol, souvent désigné comme « l’hormone du stress », est devenu l’objet de nombreuses critiques. Sur les réseaux sociaux, il est souvent pointé du doigt comme responsable de divers maux tels que la fatigue, les maux de tête ou la prise de poids. Certains en profitent pour vendre des solutions miracles pour éliminer ce cortisol, mais cette approche est jugée erronée par les experts.

EN BREF

  • Le cortisol est vital pour le bon fonctionnement de l’organisme.
  • Sa production suit un rythme bien précis au cours de la journée.
  • Les hormones féminines influencent le taux de cortisol en période de stress.

Marie-Pierre Moisan, neuroendocrinologue et directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), insiste sur l’importance de cette hormone : « Le cortisol est essentiel à la vie. Sans lui, le cœur s’abîmerait à vitesse grand V, les os seraient moins solides et la peau cesserait de se renouveler. » Cette affirmation met en lumière le fait que vouloir supprimer le cortisol serait, selon elle, une mise en danger de la santé.

Le cortisol, produit par les glandes surrénales, joue un rôle crucial dans le corps humain. Sa production est continue, mais suit un rythme spécifique : elle commence à augmenter vers 3-4 heures du matin, atteint son maximum entre 8 heures et 9 heures, puis décroît progressivement jusqu’à un minimum nocturne. De plus, le corps libère des impulsions de cortisol toutes les 90 minutes, avec des niveaux plus élevés le matin.

Il est essentiel de comprendre que le corps ne consomme pas immédiatement tout le cortisol qu’il produit. La majorité est conservée en réserve, et deux mécanismes permettent de la gérer. D’une part, le cortisol peut se lier à la transcortine, une protéine qui le « garde en attente » pour une libération rapide en cas de besoin. D’autre part, il peut être converti en cortisone inactive, qui peut redevenir du cortisol actif grâce à une enzyme spécifique.

Bien que le cortisol soit souvent associé au stress, son rôle ne se limite pas à cela. En effet, la concentration de cette hormone augmente considérablement lors de situations stressantes, pouvant être multipliée par 10. « Son travail, en tant qu’hormone adaptative, c’est d’aider le corps à faire face au stress », souligne Marie-Pierre Moisan. En période de crise, le cortisol aide à libérer du glucose dans le sang pour fournir l’énergie nécessaire, tout en bloquant les fonctions non essentielles comme la digestion. Une fois la crise passée, son taux revient à la normale.

Lorsque le stress devient chronique, le taux de cortisol peut rester élevé, ce qui peut engendrer des problèmes de santé. Les hormones sexuelles féminines, telles que les œstrogènes et la progestérone, ont également un impact sur la production de cortisol. Les œstrogènes peuvent en effet l’amplifier, tandis que la progestérone tend à la diminuer. Cela pourrait expliquer pourquoi certaines femmes présentent des pics de cortisol plus marqués en début de cycle menstruel, bien que cette hypothèse nécessite encore des recherches pour être validée.

En somme, il apparaît clairement que le cortisol joue un rôle fondamental dans notre organisme. Plutôt que de chercher à l’éliminer, il serait plus judicieux de veiller à maintenir un équilibre. Une approche basée sur la gestion du stress et le bien-être général semble être la voie à privilégier pour préserver la santé tout en respectant les besoins physiologiques du corps.