Sur les rĂ©seaux sociaux, il est souvent conseillĂ© de baisser son taux de cortisol, frĂ©quemment qualifiĂ© d' »hormone du stress ». Cependant, cette vision simpliste mĂ©rite un examen plus approfondi. La Dre Marie-Pierre Moisan, neuroendocrinologue et directrice de recherche Ă lâInstitut national de recherche pour lâagriculture, l’alimentation et lâenvironnement (INRAE), se penche sur cette question dans son ouvrage intitulĂ© Mais est-ce vraiment le cortisol ?.
EN BREF
- Le cortisol est souvent mal perçu comme l’ennemi du bien-ĂȘtre.
- Il est essentiel à la réponse au stress, mais il ne le provoque pas.
- Le stress chronique est la véritable cible à aborder pour un équilibre hormonal.
La Dre Moisan, qui Ă©tudie le cortisol depuis plus de 35 ans, cherche Ă dĂ©construire les mythes qui l’entourent. Nombreux sont ceux qui attribuent au cortisol divers maux, tels que le visage gonflĂ©, lâacnĂ© ou encore des maux de tĂȘte. Toutefois, lâexperte prĂ©cise que bien que le stress entraĂźne une Ă©lĂ©vation du taux de cortisol, cette hormone joue un rĂŽle crucial en mobilisant les ressources nĂ©cessaires pour affronter une situation stressante. En d’autres termes, le cortisol est une rĂ©ponse biologique au stress, et non sa cause.
Dans son livre, elle souligne : âLe cortisol ne provoque pas le stress : il en est la consĂ©quence.â Cette distinction est primordiale pour mieux comprendre le fonctionnement de notre corps face aux dĂ©fis quotidiens. La chercheuse met Ă©galement en lumiĂšre que d’autres facteurs biologiques sont Ă©galement modifiĂ©s en pĂ©riode de stress, et que la source de ce stress doit ĂȘtre identifiĂ©e et traitĂ©e pour retrouver un Ă©quilibre.
Pour amĂ©liorer votre bien-ĂȘtre, il serait plus judicieux de suivre les recommandations de lâAssurance Maladie. Parmi celles-ci, on trouve l’importance de l’hygiĂšne de vie : rĂ©duire la consommation d’excitants tels que le cafĂ©, le tabac et l’alcool, adopter une alimentation Ă©quilibrĂ©e, veiller Ă une bonne qualitĂ© de sommeil et pratiquer une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre.
Il est donc erronĂ© de penser qu’une baisse du cortisol est systĂ©matiquement bĂ©nĂ©fique. Ă moins d’ĂȘtre atteint d’une pathologie spĂ©cifique, comme le syndrome de Cushing, qui entraĂźne une Ă©lĂ©vation anormale du cortisol, il n’est pas nĂ©cessaire de tenter de rĂ©duire ce taux. De plus, le cortisol prĂ©sente des fluctuations naturelles au cours de la journĂ©e, atteignant son pic le matin et son minimum le soir.
La Dre Moisan rĂ©sume cela simplement : âCâest le stress chronique quâil faut essayer dâĂ©liminer pour retrouver un Ă©quilibre hormonal, puisque câest lui la cause dâun excĂšs de cortisol.â Il est essentiel de noter que le stress chronique ne conduit pas nĂ©cessairement Ă un excĂšs de cortisol, ce qui met en lumiĂšre la complexitĂ© de cette hormone et son rĂŽle dans notre santĂ©.
Pour conclure, il est crucial de ne pas cĂ©der aux idĂ©es reçues circulant sur les rĂ©seaux sociaux concernant le cortisol. Une approche basĂ©e sur des faits scientifiques et une comprĂ©hension approfondie de l’hormone peut aider Ă mieux gĂ©rer le stress et Ă promouvoir un bien-ĂȘtre durable.
En somme, la vĂ©ritable clĂ© rĂ©side dans la gestion du stress et non dans la simple rĂ©duction du cortisol, qui, en rĂ©alitĂ©, est un alliĂ© prĂ©cieux dans notre rĂ©ponse Ă l’adversitĂ©.