Le coût controversé de la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022

Le montant des dépenses engagées pour la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022 suscite des réactions vives. Ce mercredi 18 février, Charles Alloncle, rapporteur UDR de la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, a dévoilé les chiffres relatifs à un contrat entre France Télévisions et le festival, révélant une facture particulièrement salée.

EN BREF

  • Le coût total de la cérémonie s’élève à 2,6 millions d’euros.
  • Virginie Efira, maîtresse de cérémonie, a touché un cachet de 60 000 euros.
  • Des tensions ont émergé au sein de la commission d’enquête concernant la transparence des dépenses.

Selon Charles Alloncle, ce contrat de 2,6 millions d’euros se divisait en deux parties égales : 1,3 million pour la production de contenus télévisés et la délocalisation d’émissions, et 1,3 million pour la cérémonie d’ouverture ainsi que la conférence de presse. Cette révélation a suscité une onde de choc parmi les membres de la commission d’enquête, et a mis en lumière des questions de transparence concernant les financements publics.

Le coût de la cérémonie d’ouverture est d’autant plus controversé que Virginie Efira, choisie comme maîtresse de cérémonie, a perçu un cachet de 60 000 euros. En comparaison, ce montant équivaut à trois mois de salaire au SMIC. Charles Alloncle a exprimé son indignation, notant que la comédienne n’était pas responsable de la rédaction des textes pour lesquels 30 000 euros supplémentaires avaient été versés.

Les frais liés à son apparence ont également été sujets à polémique, avec des dépenses annoncées de 1 500 euros pour le maquillage, 1 500 euros pour la coiffure, et 300 euros pour la manucure. Ces révélations ont entraîné un rappel à l’ordre de la part de Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, qui a demandé à Alloncle de rester discret sur ces détails, invoquant le respect du secret des affaires.

Alloncle a cependant défendu sa position, affirmant que la transparence était essentielle, surtout lorsque les montants en question sont financés à 100 % par de l’argent public. Ses propos ont provoqué une réaction acerbe de Patrier-Leitus, qui a estimé que ce type de transparence frôlait le voyeurisme. Il a ajouté que parler des frais de maquillage d’une personnalité publique ne devrait pas faire partie des préoccupations de la commission d’enquête.

Renaud Le Van Kim, directeur de Together Media, a également réagi à cette controverse, déplorant la divulgation de ces montants. Il a ajouté que, selon lui, le coût de la cérémonie n’était pas excessif et qu’il était même inférieur à ce que la production aurait coûté dans le secteur privé. Ces déclarations soulignent la tension entre le secteur public et le secteur privé en matière de coûts et de valeurs.

Alors que le Festival de Cannes est souvent perçu comme un événement glamour et prestigieux, ces chiffres révèlent la réalité des dépenses publiques engagées pour un événement de cette envergure. La question de l’utilisation des fonds publics et de la responsabilité des choix financiers refait surface, invitant à une réflexion plus large sur la gestion des ressources dans le domaine de la culture.

En somme, cette affaire met en lumière les enjeux de la transparence dans les financements publics, tout en soulevant des interrogations sur la valeur accordée à la culture et à son financement à travers les impôts des citoyens.